12.04.2014

My songs lyrics-1/The Stream





Weading without no one
Water, Dead Cows, riffle, Rainbow
The gas moves
The Dawn
Sam and sara
John in the Backyeard, the Stream
The Stream
Morning without nothing
Gunshop, Mothers Talking
Soft Streets of Mid-Spring



Oh Tamo Daleko
Sam malo Umoran
Ja ništa ne radim
I ništa ne učim

(Bis)



City without no one
Roamers, Rythm, The Good Son
Moping, seaping,
The parents drinking in the Backyeard
Where blows the Odd Droves?
Noon tired without no Food
Carwashed, Loundary,
sharp Streets of Mid-spring



Oh Tamo Daleko
Sam malo Umoran
Ja ništa ne radim
I ništa ne učim

(Bis)





House without no one
Landscape, Horses, Cave
The Pythia, the Sound
They've hit it of, Take it from here
And So on... And so On
Sweet Evening just with You
Daydream, I See Something
In the Sweet Street of Mid-Springs





Oh Tamo Daleko
Sam malo Umoran
Ja ništa ne radim
I ništa ne učim

(Bis)



La poésie est un langage clair/Born to be Wild






































(





)





























































12.03.2014

Haïku d'images-24/ Try Something Different









Haïku de route-20/ Boss Lady Andree Pruett Welcome Ya All

Je ne sais plus trop quand je l'ai vu. Juste une fois ça j'en suis sûr. Juste une. Je ne savais pas que le titre était "Out of Rosenheim". Je n'ai que le souvenir d'une femme au milieu de pas grand chose et la musique et de la chaleur dans l'image. Je n'étais pas bien grand. Je ne me rappelle plus s'il n'y avait que ma mère ou si mon père était là aussi, en haut, dans la chambre de la télé après l'escalier qui séparait nos chambre, mon frère et moi de celle de mes parents et la salle de bain où j'allais faire la sieste. c'est bizarre les souvenirs. Ca ne vient jamais vraiment comme on veut et on se demande s'ils servent à quelque chose, comme si la vie c'était nourrir du passé. Je pourrais très bien en faire ce que j'en veux des souvenirs, les relire, en enlever des images, y rajouter du monde. Je pourrais rebooter ma mémoire et la programmer à l'échelle d'aujourd'hui. Non, je ne sais pas si papa était là. C'était le soir. On mangeait à 19h et c'était souvent silencieux puis ils montaient pour le journal télévisé. Quel jour? Si c'était lundi alors c'était Spécial Cinéma, mais peut-être que c'était TF1 un dimanche ou ailleurs dans la semaine sur Antenne 2. Mais j'étais petit et la semaine je devais dormir tôt. Je me rappelle de rien. Juste une femme au milieu de presque nulle part dans une image chaude.


On se parque devant. Open 7 Days, 7am/7pm. A côté, sur le vague, il y a une caravane comme en fer blanc qui ressemble à une balle de revolver ou à une gélule vidée sans fenêtre ni porte et le ciel bleu, quelques étirées fines et blanches et derrière le café un autre suppositoire plus déglingué, la porte ouverte, presque arrachée. On le raterait sans problème. Des briques de vin. Un toit d'écorce. Devant la porte il y a une petite table ronde et des chaises de métal et Drogo qui boit une bière avec le vieux Filimore en fixant la route. Une gamine tourne en rond. On entre. A Bagdad on ne hisse pas de drapeau, une autre routine d'une autre discipline, à chaque touriste qui entre, on met la musique du film. Le temps qu'on y restera, on l'entendra six ou sept fois. On est content, ma mère sourit, les murs sont remplis des témoignages de ceux et celles qui sont passés par là, sur des sous-verres, des bouts de carnets, de toutes les écritures, de partout, des fanions, des drapeaux, les gendarmes de là, le club de rugby d'ici, les bandes de motards qui louent à LA pour claquer à Vegas ou plus long, le rêve, la 66 en entier.


On s'assied à une table. Elles sont en bois. Ma mère prend un café. Moi une bière. Sur les planches du bar, des publicités Budweiser, the Great American Lager, illustrée d'images à la gloire de chaque corps de l'armée américaine, une peinture montrant John Wayne au-dessus de la porte  qui mène aux toilettes. Au-dessus du bar des lettres blanches sont fatiguées de s'incruster sur le tableau noir, elles disent "World famous bagdad café present Boss Lady Andree Pruett welcome y all, y all come back, now ya hear" et à côté, on nous invite à essayer quelque chose de différent comme un Buffalo Burger à 9,95 ou une Home made Pies sans prix. On commente la musique à devenir fou, on lit dans le livre d'or, on imagine la vie là. Nous sommes les Tartares et nous traversons ces gens comme des ombres. Ils nous voient à peine, mettent la musique, encaissent, retourne s'asseoir sur les chaises de métal, une bière fraîche à la main. La serveuse est bancal. Elle se tient devant la route. elle penche. Sa peau, c'est la route, tendue et crevée, avec des pistes partant partout, séchée sur les os. La gamine la rejoint. Je prends une autre bière.






























12.01.2014

Haïku d'images-23/ No Berry in Newberry







Haïku d'images-22/ On The Road









Your Road

Is Always

The Right One

Haïku de route-19/ 46548 National Trails Hwy

46548. On sort de l'Aiguille. Le temps, chaud, l'Air Co et cette crinière de peluche mouchetée qui recouvre la peau rauque et cailleuse, minérale du Mojave par Quarry Road et toujours ce bon vieux choix de tous les carrefours. Je crois à gauche, mais on part à droite, je doute et j'hésite. On a pris juste mais on abandonne trop vite, on aurait aimé que ça explose devant nous, on voulait là, on pensait, tout de suite. On revient sur nos pas. C'est comme lorsque j'essaie d'écrire le néerlandais et que je mets deux "a" quand il n'en faut qu'un et l'inverse, une évidence, je regarde souvent à droite lorsque c'est à gauche que ça se passe. En face il y a le Kelly's Market & Truck Stop, un vaste grisâtre et poussièreux pour les camions immenses, quelques voitures garées, pas de numéro, je nous envoie à gauche sur la National Trails Hwy, la 66 d'ici passant sous l'Aiguille à la recherche de Bagdad. Un rien de chaque côté, pas loin de tous les tout des percées d'Amérique, percées craquelées, fendues, prises dans le soleil, route ridée et sèche, paumée de la 15 et du bitume botoxé des portes de Vegas. On trace au rythme des pylônes des pionniers et c'est comme un morse qu'on fait, long sur le lisse et les points sur les crevasses.


On remonte, l'impasse de Martino et des voies de chemins de fer. Ma mère me demande si je suis sûr que c'est là, je ne sais pas, j'attends les premières boîtes aux lettres, des numéros, on digère Peggy. Les touffes du désert, des pistes praticables, toutes courtes vers des habitations basses, amoncellées de ferrailles, de bois, de restes de tout, de l'ancien utile en attente de le redevenir, un îlot à faire quoi le long des voies de communication, planté dans un sol qui n'a rien à donner. On continue encore un peu vers un second îlot de plus d'habitations. Les toits sont gris, semblent bouillant, on dirait de la tôle, une ferraillerie ou une casse sans carcasses, un éparse de voitures, de remorques, de campings-cars déposés là et des bateaux. Des bateaux au sol, dans le désert comme si le déluge allait enfin arriver et que certaines personnes allaient enfin avoir quelque chose à vivre. Un faible grillage et des chiens probablement. On s'arrête en bord de route. Je regarde les numéros. C'était à droite. Mais je suis persuadé que si j'avais pris à droite, Bagdad se serait déplacé à gauche.


On fait demi-tour. C'était plus facile de sortir de LA. On rejoint Kelly. On a tangué les choix. On s'est balancé sur un micro-tronçon de la 66, on en rit maintenant, on sait que c'est bon. Ce filant droit loin et la montagne à droite, cette évidence de l'espace, son arrogance quand il se perd à vue, quand sa joie s'étire dans l'ennui des longues marches où l'on ne voit rien passer, où la route fait du sur place. J'ai marché quelque fois dans la nuit, l'hiver, entre Genève et Rolle, souvent entre Nyon et Rolle, 30km, 15km à arriver à l'aube dans mon lit chez mes parents sans m'être arrêté, décuité de beuverie mais dans l'ivre de la marche quand on serre les poings pour que l'énergie tourne en nous et ne s'enfuie pas vers le lac ou les champs et les yeux rivés au sol pour que la route défile comme un film et s'avance vers le retour. J'ai marché des nuits splendides avec en moi un loin incroyablement dense, crevé et doux. Je regarde ce loin ici, sur la National Trails Hwy avec les 44 qui deviennent 45 et 46200, 300, 400, des pistes auquelles on a donné des noms, Monaco Street, Mini Ranch Row, Caspian Road. Et là, sur la gauche. Bagdad.