3.13.2016

Chronique d'un fumeur qui s'arrête/ Jour J-1
















Je viens d'en fumer une. Je flippe, j'avoue. Je ne me sens pas très prêt.
C'est décidé, ça c'est clair, j'ai tout noté, les motivations, les pourquoi, les bienfaits, tout, j'ai tout consigné en première page de mon agenda.
La théorie, c'est clair.
Mais je flippe quand même.
Demain, je me réjouis et j'angoisse. La clope avant le sport, celle après, les poumons libérés et ouvert et celle sur le quai de la gare.
Je dois pas trop réfléchir.
Je réfléchis trop. Je ne dois pas y penser et j'y pense.
Il y a toujours pire dans la vie, ce n'est pas grand chose quand on y pense, c'est énorme quand on y pense.
Je flippe. Si ça se trouve cette chronique se terminera avec ce texte. On verra bien demain.
















3.10.2016

A whores's Movie










The whore's film is a Stand-by film.
Whore my whore
In a Stand by waiting
On Ya man
The movement of Ya man
the movement of sadness.


































 




























































So many Eyes



























So many eyes
So
So many looks
So

At the train station
At 5Pm
At 8Pm
At the main central


Oh 
So many looks
Look at those eyes
Look at them
Look at those lifes
Look at thos looks



So many eyes
So
So many looks
So




Stop Walking, Guy
Stop a while
Stop and look
at those looks






































 

3.04.2016

La poésie est un langage clair/ Dialogue amoureux

















TSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS
CHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Mmmmmmmmmmmmmmmmmmm
Mmmmmmmmmmmmmmmmmmm


Mmmmmmmmmmmmmmmmmm
Mmmmmmmmmmmmmmmmmm
CHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
CHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

Mmmmmmmmmmmmmmmmmm
Mmmmmmmmmmmmmmmmmm
CHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
CHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

CHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
CHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
TSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS
TSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS






























3.03.2016

Haïku de route-123/ Tireness on Wawona Road
















Mais c'est quand bien fait la fatigue. Toutes les fatigues. Celles qui viennent dans la tête quand papa vieillit et que maman dit qu'elle va dormir en haut parce qu'il ronfle et pas parce qu'il sent, celles qui ont trop bu et fumé et qui servent les clients quelques heures après s'être effondré sur un sol quelconque, celles qui écoutent une connasse raconter sa vie pour la prendre plus loin et filer après le café, celles qui sort de l'usine à 22h23 pour reprendre sur les lignes à 13h57, celles qui n'ont rien foutu aujourd'hui ni hier ni rien depuis quelques mois déjà mais ça passera, celles qui font février et qui collent celles de tous les autres de février dans la sueur des métros, celles qui ne reçoivent jamais de mails ou de coups de téléphone et qui sortent à 16h23 pour faire les courses, celles qui ont déjà trop de gosses avec un gosse et celles qui qui marchent main dans la main avec un homme ou une femme qui n'est pas votre homme ou votre femme. C'est bien la fatigue parce qu'elle guide, c'est elle qui mène dans la route et qui caresse doucement le visage pour dire c'est juste là, non... La rue suivante... Voilà... Là et qui ouvre des mots et des yeux qu'on chercherait à contrôler, à maîtriser sinon. Elle nous laisse tout seul, tout nu,elle fait la vie comme elle est, la survie comme elle doit; C'est crevé qu'on pense le mieux. C'est crevé qu'on a toujours pensé le mieux.


Eagle Creek suit nous jusqu'au lisse qu'ils grimpent de leur temps libre. On recoupe la El Capitan Drive et sa plaine jusqu'au dharma de Brideveil qu'on file sans s'arrêter dans la Merced qui reste fidèle à la North Side Drive. Mais on change de nom. On revient à El Portal même si c'est le même asphalte parce qu'il faut bien que tous les noms qui ont servi à faire exister les choses continuent à être quelque chose quelque part. On roule doux, on roule fatigué des hâchures que nous avons déposé sur la journée, on roule sans café dans les pieds encore frais de la Merced et des yeux fatigués, limpides de fatigue des conseils de la jolie Belge de la berge. Le soleil vient de changer d'épaule. Mais tout est lent. Et tout est encore long. On roule ce qu'on à rouler. On revient vers nous. On va vers le haut de la vallée pour la monter encore plus avant de tout tomber vers la plaine et les avenues de Fresno. Je ne plante pas la Portal, on laisse la Big oak pour d'autres voyages. La Merced nous reste fidèle comme toutes les femmes qui aiment et tous les hommes qui aiment, qui aiment vraiment et qui restent et qui accompagnent et qui mettent la main dans la main et qui regardent doucement et soufflent doucement et qui partent plus loin et qui laissent un peu et qui vont aimer plus loin et aimer ailleurs un peu et qui reviennent et qui reviennent toujours. La fidélité, c'est une pensée qui ne s'arrête jamais. Nous, on roule et on s'aime avec ma mère et moi je pense à ma femme et au petit quand on quitte la rivière pour prendre Wawona Road.


Tout reste en chiffre comme si les chiffres n'avaient pas d'histoires, n'avaient pas d'égo, n'avait pas à être ou ne pouvaient être que ce qu'ils étaient comme si le 1 n'avait pas d'autres choix que d'être un 1 et la 140, la 140 alors que cette même traînée de bitume pouvait s'appeler North Side Drive puis El Capitan puis El Portal et Central Yosemite Hwy et je ne sais quoi plus loin. On est dégueulasse avec les chiffres. Il n'y a que les fraudeurs et les escrocs qui ont la douceurs de les faire danser un peu. Je regarde sur la carte la route qu'ou aurait dû prendre pour tendre tout de suite vers Fresno. On aurait été ces noms sur la carte et un même chiffre, longtemps. Comme un salaud j'oublie la Merced dans le tunnel qui nous met de la nuit dans le soleil. Ma tête posée contre l'air qui file et je m'incline dans le jour. C'est à peine rien. Je regarde ma mère. Elle semble fatiguée et heureuse et heureuse dans la fatigue. Mais ce n'est pas la même fatigue que dans la mort ou celle quand papa se pissait dessus. C'est une fatigue douce, c'est une fatigue qui passe les coudes et les lacets de Wawona. Des arbres, des ouvertures entre les arbres, les lunettes de soleil de ma mère, des mots, pas trop, on passe au-dessus de Grouse Creek, Avalanche Creek. Et tout va bien. Ce matin est déjà si loin. C'est si long la vie.








































 

3.02.2016

Haïku de route-122/ Mercy in Merced River















J'ai fermé les yeux encore un peu, ce n'est jamais que quelques secondes. J'ai redecendu d'abord les lacets vers Finhaut où s'arrêtait à l'épicerie pour acheter le pic-nic et je les ai remonté dans la ligne droite de la Léchère et les deux ondes du Pas où on tournait se parquer dans les graviers, un peu plus loin que la grande maison. Je les garde encore un peu fermé. Je n'arrive pas à me rappeler si mon père nous accompagnait dans la ballade jusqu'au plateau de Fenestral, s'il était venu une fois ou deux puis avait cessé ou s'il n'était jamais sorti de la voiture avec nous et le pic-nic pour prendre le chemin avec le passage un peu étroit qui menait au rocher de l'ours. Il n'aimait pas tellement la montagne. Il n'aimait pas non plus tellement se baigner dans la mer. Je rouvre les yeux. Je n'ai pas réussi à le voir. On clignote et ma mère se rabat sur la gauche. On se parque. On laisse nos affaires dans la Ford et on descend un chemin de terre trop battu, un sentier de monde battu de trop d'humains sur une centaine de mètre vers le sons des petits rapides excités de la Merced qui rafraîchissent nos oreilles des moteurs lents de la North Side Drive. Nous ne sommes pas seuls. Sur le banc de sable, se retournant vers nous, il y a une femme, les cheveux attachés, en robe légère, bleue à motif, comme dans la trentaine avec ses deux enfants juste assez grands pour courir en riant et en se poussant un peu trop près de la rivière.


Je courais aussi, avant mon frère et mon frère pareil quand il a eu les jambes pour, le long du Besson, le torrent qui tranchait le plateau de Fenestral pour aller après, par les arbres jusque là où j'aimais passer des heures à faire des guerres sans fin sans jamais mourir ou en mourant mais en mourant bien, le fusil à la main ou l'épée pour revenir à la vie, vers d'autres histoires à venir, tout seul souvent, le plus souvent. On jouait au plateau, beaucoup, je jouais, beaucoup avant le pic-nic et que je sorte de l'eau froide les canettes de panaché bilz qu'on m'avait acheté à l'épicerie. J'adorais la panaché bilz. C'était comme de la bière mais tout sucré et elle était toujours bien fraîche. Parfois il y avait Andreas qui me faisait peur et puis mon frère, plus loin et quand on ne courait pas, on construisait des barrages, chariant des pierres, grosses puis des petites pour colmater les brèches d'eau, toute cette eau qui ne savait jamais se tenir tranquille et se soumettre aux pierres et à nos volontés d'enfant qui construisaient des barrages pour arrêter le cours des choses. tous les enfants veulent arrêter le cours des choses. Alors ils construisent des barrages sur les ruisseau, les torrents et les rivières. Quand on devient grand, on arrête de faire des barrages sur les cours d'eau parce qu'on s'est résigné à l'eau, à sa force. On s'est résigné au cours des choses.


Je n'ai aucune idée de ce que les grands pouvaient bien faire pendant qu'on arrêtait le cours des choses comme probablement ces enfants se chamaillant devant le cours gonflé de la Merced River ne remarquent pas que leur maman discute avec deux inconnus. Elle est jolie. Elle est vraiment jolie. Pas belle, ni mignonne, ni bonnasse, non, elle est juste jolie, un peu fatiguée sous les yeux, son long cou un peu rentré dans des épaules presque maigres. On parle français parce qu'elle nous a entendu parler en français. Elle semble en être contente. Elle est belge, d'un quartier pas loin de celui où j'habite. Elle est venue vivre à San Francisco par amour comme moi, quand j'ai quitté le lac pour vivre l'amour à Bruxelles. C'est drôle. Mais ça en deviendrait presque banales ces coïncidences à force de faire des routes. On les attend sans les chercher. Et elles viennent. On lui raconte le timbre du voyage, mon oncle, pour lui dire bonjour et adieu et le tour qu'on enchaîne, le fait et le à faire et la descente qui vient vers Fresno. Elle dit "dmmage que vous ratiez le Glacier Point, vraiment dommage.... Le détour est pas si long et c'est la plus belle vue d'Amérique." On a les pieds dans la Merced, moi jusqu'au au cheville dans le courant qui pousse et sautille en decendant vers l'entrée de la vallée. Je regarde ma mère. Je n'ai pas besoin de dieu, de destin, de hasard ou de ce genre de connerie pour entendre les signes. Il m'ont lancé à droite quand je pensais aller à gauche et même si je n'ai aucune idée de ce que cette gauche aurait pu me dire, ça a toujours été des droites belles et justes, des droites belles de vie, des lignes droites et claires de vie. Je regarde la femme et je souris et je regarde ma mère. alors?































Haïku de route-121/ A Swiss Day



















On prend la tangente, encore une fois. On roule lent, on prend le temps de le regarder passer. Toutes les voitures prennent le temps, il n'y a que les bus qui courent un peu. Cet après-midi d'air lisse joue le film au ralentit. La route courbe. La Merced tâte la South Side Drive, la lape, la frôle dans les coin et revient nous voir. Elle est gorgée. Elle a pris tout mai. On aurait bien pris un café, comme d'habitude. Ma mère aime bien boire un café après sa sieste. Un café plus petit que celui du matin. Quand elle est seule dans son appartement, elle se fait la petite cafetière italienne. Au matin, c'est la grande. C'est plus problématique quand je viens. On ne fait que des grandes cafetières et alors le café part plus vite. Il est compté et elle doit retourner en chercher. Parfois elle anticipe et il y en a vraiment assez pour mon séjour. C'est mieux quand elle anticipe, parce qu'elle déteste par dessus tout aller faire les courses bien qu'elle s'échigne à y aller les samedis matins et les lundis comme tout le monde alors qu'elle est à la retraite et qu'elle pourrait se simplifier l'existence en y allant les vendredis après-midi par exemple et les mardis matins. Mais non. Je le lui fait souvent remarquer, mais elle répond toujours "qu'est ce que tu veux.... C'est comme ça!" Et la conversation s'arrête là parce que c'est comme ça.


Bref. On aurait bien envie d'un bon café. Même un mauvais. Et on a dépassé le Curry Village et tous les villages sans y penser et maintenant que tous les magasins et les stations sont dernière nous, on y pense mais comme la North side Drive, tout comme la South Side Drive sont à sens unique, on ne peut pas rebrousser chemin et sur la carte, il n'y a rien avant quelques miles. On n'a pas penser à s'arrêter, tellement on venait de s'arrêter et que ce n'était pas possible de penser si vite à s'arrêter de nouveau. Je sens que j'ai marché. Il y a une léthargie qui m'avale et sur la route qui s'avance devant moi, mes yeux veulent se clore. Les journées sont si longues quand les minutes ne se ressemblent pas et que le même s'éteint de tous les autres, de toutes les autres choses, illuminées. C'est quand une chute d'eau est différente d'une autre chute d'eau et un arbre différent de celui à côté de lui et l'asphalte même, là sous nous, différent de l'asphalte du matin et quand on voit bien que la North Side Drive est différente de la South Side Drive. Dans les yeux qui se closent, ce sont des sens qui s'ouvrent. Mais je dois tout de même bien les garder ouverts. Ce serait quand même bien dégueulasse de m'endormir quand ma mère tient le volant de sa main droite, la joue appuyée sur sa main gauche, son coude contre la vitre. Je la regarde et derrière elle je regarde la Merced qui revient et qui s'ébroue. Plus loin sur la route, il semble y avoir un chemin de terre qui descend vers elle.


Je propose à ma mère qu'on s'y arrête et qu'on le prenne pour les pieds nus dans l'eau froide, à défaut d'un café. Et elle est d'accord, sans rechigner. On roule depuis à peine dix minutes. Ce ne sera que notre septième arrêt de la journée. On hoquète. On frustre la Ford. On lui fait miroiter des tracées chaque fois qu'elle sent le D et le pied droit de ma mère. Elle doit s'exciter. Elle doit s'ébrouer quand on claque les portières, frétiller ses lèvres de gomme sur la langue d'asphalte. On fait la pute avec la machine. Mais on a tant tendu il y a deux jours dans la vallée de la Mort. Hier c'était pour nos jambes, reposer les pneus pour les mettre, elles, sur les berges de Mono et le long de la rue principale de Lee Vinning. Aujourd'hui, on balance. On contente tout le monde. Un peu de nourriture pour les roues, quelques caresses pour le moteur qui a faim de route et on se caresse nous, pour nos jambes, nos sangs de jambes, un peu, dans les sentiers et les rochers, pour nos pieds sur les brindilles, les roches plates et l'eau froide et pour nos culs à asseoir sur des souches ou sur le sol sec sous des arbres en printemps, sous un ciel de soleil doux. On joue au compromis. Ce truc merveilleux qui rassemble et consolide et contente en frustrant tout le monde. On coule en somme, un jour suisse dans le parc du Yosemite.