7.30.2015

La poésie est un langage clair/ PornHub



















L'amour, l'unité, le goût du monde,
les décades
si sombres,
si lumineuses, 
l'atome,
nos lumières, nos liens, nos connexions, nos cumshots
nos finitudes et nos déchêts.
Demain les chiens remonteront nos vents et suceront nos queues.


L'amour est cinglant et se répand 
quand rien de ce que l'on nous offre ne nous comble,
quand le froid
goutte
comme une pluie de juillet
et la vie par palliatif dans les minutes qu'on lui donne,
érode en nous
les milliards de mètres cubes de tendresse 
où s'enterrer ensemble,
joyeux,
et asphyxiés de bras et de peaux qui serrent.


Curriculum d'une bite dans le réseau binaire des Teens et Milfs,
neurones doux des plaines ivres d'ennui,
les neurones du plaisir ne sont pas des peaux tendres.
Nous sommes le courant qui courent dans les câbles et les bits qui nous battent des connexions Porn d'un lundi de janvier qui sont tous nos lundis et les janviers de nos corps qui ne savent plus bander.


Tractations et domaines de l'essence, ma chimie est frêle,
elle regorge de Cumshot
et d'amour jailli dans le mépris
gluant
qui se douchera seul de mes dollars de peaux frustrées.


Blow-moi




Job-moi



L'écran est le premier singe à avaller ma queue.




































7.28.2015

My song's lyrics/ Le Soleil des sans monde
















Des chevaux et une table
et un jeu de tarot
des pas d'ombres dans une ruelle
pleine de touristes à gogo


Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde

Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde



Un ban de requins sous un balcon
des pas d'arlequins mis au ban
et une louve au levant
dans l'entre-wagon des trains


Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde

Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde


Des loupiotes de foraine
dans des fêtes sans lendemain
et quelques chiens dans la plaine
asséchée au matin


Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde

Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde


Des douceurs ici-bas
une limite pour mes bras
et une cuisine qui dandine
son sourire à mi-voix


Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde

Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde






























7.27.2015

Haïku d'images-57/ Shaky Balance




























































Imagier-27/ Shaky Haïku





















































Haïku de route-74/ El Mono Motel











Ce n'était pas Nebraska. C'était "The Ghost of Tom Joad". Et probablement j'ai mal entendu. Je me suis fait un film. Mais un joli. Les journées sont trop courtes pour écrire et trop longues pour ne pas boire. J'aimerais ne jamais avoir à dormir et noircir du monde sur du papier en vrai bois et j'aimerais domir sans cesse pour sevrer la booze et tous mes désirs. J'aimerais des journées interminable avec ma femme, à rire avec elle et traverser des cons sur le siège arrière de sa moto. Et j'aimerais des nuits infinies pour ne pas entendre toute sa colère qui a fait ce qu'elle est. Je l'aime tellement que j'aimerais être elle et je m'aime tellement que j'aimerais vivre hors d'elle. J'aimerais que ma mère et mon frère meurent pour ne penser qu'à eux et j'aimerais qu'ils soient éternels pour qu'on ait le temps de se dire les mots qui viennent pas. J'aimerais que les zombies envahissent le monde pour être ce que je suis et j'aimerais qu'aujourd'hui soit demain pour sortir de la Ford et aller prendre nos chambres au El Mono Motel.


La beauté s'est un peu ratée pour l'instant. La réceptionniste est probablement la première fille mignonne que je croise depuis Genève. Même les touristes semblent calibrées. On aurait pu aller à Venice, traîner les beach de LA. Mais si une ville a des belles filles, même juste des bonnasses, elles doivent se trouver dans les rues les plus glauques ou les bouges les plus tristes. Pas compartimentées sur Sunset ou Beverly. Et ça donne raison au trafic qui couvre le dialogue entre Jane Seberg et Jean-Paul Belmondo dans "A bout de souffle", dans la chambre d'hôtel où Belmondo lui dit que les plus belles femmes vivent entre Genève et Lausanne. Entre. Pas dans. Des conneries bien sûr. Les conneries sérieuses de Jean-Luc. Les belles femmes ne sont pas partout, elles sont là où elles peuvent. Elles sont jolies et bandantes chez nous, mais elles le sont dans le Matonge, à Luang Prabang ou au Caire. J'ai bandé partout. J'ai baisé presque partout. Partout où je suis allé, évidemment. Il en reste quoi, Des souvenirs. Plutôt bon. Des classements de chattes à faire avec des connards dans des bars fatigués ou des Club House où on fait du sport pour justifier les litres de bières. Mais pas sur cette route. Si ça se trouve c'est une question de manque de chance ou la magie si puissante de ma femme.



Les Brownies sur le comptoire ont l'air merveilleux. Fait là. Dommage que je n'aime pas vraiment le sucré. Ils ont plusieurs sortes de cafés. Et des plantes qui poussent en vrai devant la devanture et devant la porte chaque chambre. Ce n'est pas très grand. La réception donne sur la cuisine. Tout est très alter, les tables le long de la fenêtre qui donne sur le jardin, des étagères de livres, la bouffe, le choix de café et de thé, les barbes des mecs, le décolleté de la fille, les manières, les gestes, les sourirs. Cet alter que j'ai cherché, dans lequel j'ai vécu et que j'ai fui d'ennui et de dépit. C'est dingue quand même, comme une idée, un fantasme te bouffe, te nourrit, ne peut être que parfait. Et que la réalité s'ouvre sur les mêmes conneries, les mêmes haines, les mêmes manques. Il n'y a pas tellement de différences entre les envies basiques d'un traders, d'un no-life, d'un geek, d'un alter, dans leurs manières de voir la vie, de la prendre, de la lire. Je consomme ci, je consomme pas ça, je veux untel, je me fous de unetelle.  Mais là, ça change de la graisse et de l'essence. Ma mère paye la chambre. Elle se réjouit de goûter un brownies. Elle sourit comme une gamine. On ressort, quelques tables sur la terrasse qui donne sur le jardin devant la route, la station service en face et derrière, le lac. On contourne le bâtiment. On s'est presque parqué en face de notre chambre. Un micro jardin bien entretenu vit sous le patio.




























7.22.2015

Haïku de route-73/ Like a Stone



Des gens restent planté là des fois comme des blocs de pierre, des dômes d'obsidienne avec la nature qui pousse et brûle et des singes qui construisent des routes pour rouler dessus. Des fois je me retrouve au coin d'une rue sans savoir où aller. Alors je cherche quelque chose à faire pour que ça m'amène quelque part. Et je réfléchis. Et je suis toujours au même coin de la même rue, toujours immobile. Et je ne sais pas quoi faire. Alors je me dis que je vais marcher pour trouver un truc à faire. Et je me demande dans quelle direction aller. Et je suis toujours au même coin de la même rue. Toujours arrêté. Alors je me dis que je vais aller boire un verre. Et je réfléchis à un bar qui me plairait dans le quartier où je me trouve. Toujours là, toujours posé. Toujours arrêté. Parfois ce n'est pas le coin d'une rue, mais le milieu d'une rue ou simplement dans une rue au milieu du trottoire. Et les gens, eux savent très bien où ils doivent aller. Et ils continuent à avancer. Ils me longent. Et moi je n'arrive pas à bouger. je n'arrive pas à avancer, ni à revenir sur mes pas, ni à aller à gauche, ni à droite, ni cette rue, ni celle-là, ni ce bar, ni celui-ci. Des fois j'ai l'impression que j'ai disparu. Mais souvent j'ai l'impression que quelqu'un va s'arrêter me demander si ça va ou simplement appeler des hommes en bleu ou des hommes en blanc. Alors je me mets en marche vers la gare.


Mais nous, nous n'avons pas ce problème. On va voir le Mono Lake et demain on prendra l'air des hauteurs. Si je ne savais pas un peu d'anglais j'aurais pu appeler la 158 qui longe le Grant Lake, "closed winters Rd". On est tard déjà dans la saison, mais je me demande quand même si le col ne sera pas fermé. Sur la carte, on doit passer devant l'entrée avant d'atteindre Lee Vinning. On sera fixé. Après la Rush Creek, la 158 achève sa boucle et nous retrouve. Je n'arrive pas à m'imaginer l'hiver ici. mais vous savez maintenant que je ne suis pas doué pour l'imagination. Je vois le blanc là-haut, mais je n'arrive pas à le voir en bas, laà, le long de nous, autour de nous. Une route à moitié goudronnée conduit à un cercle poussièreux, comme un exhutoire à stress. Une piste sèche pour tourner en rond en noyant sa colère ou son ennui dans un nuage de poussière. Ou parquer des cars, pleins de cars en attendant un siège ou pour un feu géant et des centaines de piques à marshmallows pour touristes en rêve d'authentique-typique, enfin en rêve comme dans un western mixé avec un film pour ados. Walker Creek, on se marie à la 120. Un massif de tôles habitées le long de Horse Meadows Rd, une vingtaine de véhicules, un bateau. Un quelque chose quelque part.


La plaine. On approche de Tioga Pass. On approche de Lee Vinning. La piste 15, la seule de l'aéroport de la ville. C'est bon le col est ouvert. On y est. Une flaque d'arbres sur la droite, une maison au toit mauve clair sur la gauche. Lake view Lodge, Mono Market, Bronze Bear outpost, Bell's Sporting Goods and Hardware, Nicely's, Bodie Mike's, Yosemite Gateway, Shell, je tourne la tête et nous trouve. En face de la station service. La vue tombe sur le lac. El Mono Motel LatteDaCoffee. Mais je réagis un peu tard, on continue, les voitures derrière. On fera demi-tour un peu plus loin. Je demande à ma mère si ça va, si l'étape n'a pas été trop longue, en souriant. Elle sourit aussi. On passe la 1rst Street. On tourne dans le renflement devant le seul court de tennis de la ville et on revient au ralenti. 2nd Street, Lee Vinning Motel, on tourne dans la 3rd Street et on se parque, un peu où on veut. Même pas trois de route. Je ne peux pas trop savoir ce que ça représente pour elle après le trajet de la veille, mais je me dis que ça doit aller et que ça lui fera du bien une journée cool. Je crois qu'elle est contente. J'aime bien quand elle contente.


























7.21.2015

Haïku de route-72/ Deadman Summit




 Nous avons atteint le Deadman Summit, 8036 Ft., sans s'arrêter, sans même le voir, sans avoir jamais eu l'impression de monter. C'est comme si les montagnes faisaient la révérence, s'étalaient sous le soleil, comme un père couché dans le sable et ses gosses qui lui grimpent sur le dos pour le cheval d'abord et se retrouver tout en haut quand il se redresse et nous montre le monde depuis le sommet de ses épaules. Pour moi, on pourrait toujours être sous la mer, à -282 Ft. Vu comme ça l'homme mort surplombe la mort elle-même et sa vallée. Nous avons tué la mort en existant. En décidant d'être et de marcher là, sur cette terre et de s'y mettre ensemble. On s'enterre, on se brûle, on laisse nos corps aux bêtes, mais on traîne dans la tête de celui ou celle qui reste, on erre dans les mémoires. Nous avons inventé le temps. Nous avons inventé le passé pour tuer la mort. Et nous marchons sur la terre en la regardant de haut. On croit que c'est chiant de mourir. Que de tous les futurs, c'est le seul inéluctable. Que pourrir et devenir un tas d'os est une fatalité et qu'elle gagne toujours. Mais on pose des pierres, on écrit des textes, on aime, on se fait haïr. Et on traverse. On traverse la vallée et on monte à l'air pur et on contemple. Tant que la totalité de l'humanité se rappellera un nom, juste un nom, même si ce nom c'est "Deadmann" et qu'il a une Creek, une Road et un Summit, alors nous aurons gagné. Sur la nature. La vie. Et ce que certains appellent le Destin.


Obsidian Dome Rd, des creusées sèches, trous ocres et plats entre les amas d'arbres. Le route hésite. La nature se partage. Une butte, un bubon parfait. Je n'ose même plus essayer la radio. Je sais qu'on est presque là. Je me rappelle les Hollandais qui vantaient la beauté étrange du Mono Lake. Il n'était pas prévu sur notre parcours.  Probablement qu'il n'est pas prévu sur le parcours de la plupart des gens qui roulent dans la Californie. Trop à voir. Trop à dire, j'y étais, trop de cartes postales qui doivent venir de certains lieux et pas d'ailleurs. Trop d'attentes de ceux qui ne partent pas, qui partiront plus tard, ailleurs et qui iront là où on doit envoyer des cartes postales. Trop de Tour Eiffel, trop de Pont Charles, trop de Place St Marc, trop d'endroit que je me suis tapé et qui n'avaient strictement rien à m'apporter, qui avaient épuisé ce qu'ils avaient à raconter dans les chiures des pigeons, les flashs des Kodaks et les perches à selfie. Les transhumances sont normales. La masse se masse est c'est normal. C'est moi qui suis pas normal. Je devrais m'y plaire. Je devrais m'y sentir en sécurité. J'aurais dû continué à adorer faire la fête et pas m'emmerder dans ces beuveries sociales où toutes les conversations sont toujours les mêmes, les rapport, toujours les mêmes, les règles, si puissamment implantées qu'elles ont détruit le peu de joie spontanée qu'on aurait pu y trouver. Je me suis fait chier dans les fêtes à partir de 18 ans à peu près. Mais c'est vrai que l'herbe qu'on fumait était assez efficace.


June Lake Junction. Je ne me rappelle plus si on s'y est arrêté. J'ai l'impression qu'on a pris de l'essence quelque part, mais je ne me rappelle plus. Il y a un arrêt de bus pour Reno devant la station Shell. On a l'impression d'avoir repris la plaine. La 395 se scinde pour quelques miles. Il y a de l'eau dans le Grant Lake et des montagnes plus loin pour nous embrasser. Ma mère doit aimer. On est un peu silencieux. La montagne, c'est son enfance. on s'en fout que l'enfance soit heureuse ou pas. Il y a des images et la nature des images qui embrassent et rassurent. On cherche des ailleurs. Mais on ne les cherche vraiment qu'en sachant qu'on rentrera dans nos campagne poisseuses, nos montagnes froides, nos déserts brûlants. Quand on part sans revenir, dégoûté, fatigué simplement, fuyard, tous les paysages croisés sont des paysages d'enfance. Il n'y a que les enfants qui fuguent et qui découvrent des nouveaux royaumes. Nous, on reste éloigné. On reste des grands. On reste foutu des nouveaux royaumes. On ramènera des histoires dans les nôtres. On changera un peu la décoration, on repeindra les murs d'une pièce, peut-être de deux, on mangera différemment quelques temps. Avant de chercher un autre ailleurs qu'on regardera défiler derrière la vitre d'un Ford ou d'une Fiat ou derrière l'écran de nos caméra ou de nos smartphones. Non, il n'y a que les enfants qui fuguent vraiment.