4.14.2014

Nouvelle 28/ Autre zone

Tout un centre, l'épiderme, c'est un centre et se tenir droit comme un S, Tony Boy élagué, balance, bas et ballant, dans un encontre, des coulisses aux autres, pas plus d'histoires que hier, tant d'histoires qui semblent ne pas avoir de mots,
parce qu'aucune n'avait jamais été vécue en mots.


Le cri des moineaux, probablement et le marteau sur l’acier, le grincement des grues, des feuilles derrières, selon l’air. Les yeux fermés, rien d’autre, la ville.



L’existence totalement existente des intentions fondant toute la communication de Tony Boy. Le grain graillé des gestes, les tons en geôle de l’animal, son enveloppe molle qui pousse les os de Tony Boy à se durcir pour ne pas être dévoré.

Il sort du train, passe le passage sous-voie, longe la route, là, avec les arbres, descend dans le matin tôt puis c'est plus grand, plus large, plus pris, l'air gras, rouillé, les colonnes sans passagers. Dans la zone industrielle en éveil Tony Boy dépasse les grillages et traverse le parking. Le DRH lui dira on verra. 25 minutes plus tard, il remonte le même. Autre train. Autre zone.

3.25.2014

statement(s) 7/ L'abandon (mort à la propriété privée)



























Une notion que je n'ai pas développée, un axe clair de ma démarche dans le processus d'échange
ou pour faire simple d'acquisition de mes travaux, c'est le transfert de responsabilité et l'abandon.

Toute personne qui m'achète, m'achète entièrement.

Ce que la personne prend lorsqu'elle acquière un de mes travaux c'est la totalité des droits sur ce travail, en l'occurence sur l'image.

Dans une époque de délire des droits, de la sur-individualisation du faire, de la protection hallucinée des données privées, des enclos multipliés, je me libère de tout (ce que je propose dans l'espace publique).

Je me décharge du poid de mes images comme je publie gratuitement certains de mes textes ou l'accès et l'usage de certains de mes films.

La prostituée que je suis donne ad vitam aeternam les droits moraux sur l'objet que je brade.

Oui, je suis à vous.

La propriété privée est privée de l'autre, elle jubile l'absence que ses murs créent.
Je suis dans l'intertexte et l'interaction, mon travail est un conseil ouvert où je me dépose à la critique et aux jeux pleins et ouverts que l'usage saura inventer.

Mais ce que je donne ailleurs, ici je le vends, je ne suis pas un corps à profiter, mais une chinerie à votre joie.

Mon unique affiché est votre usage, mon point mis, vos lignes à dompter.

















































3.05.2014

Statement(s) 6/La mort d'Argos


Statement(s).




Expression. "Je parle et tu m'entends donc nous sommes". Ponge.

Affirmation. "Le vrai est un moment du faux". Debord.

Déclaration. "7. Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence". Wittgenstein.

Déposition. "1. Une carte n'est pas le territoire. (Les mots ne sont pas les choses qu'ils représentent.)
                     2. Une carte ne couvre pas tout le territoire. (Les mots ne peuvent pas couvrir tout ce                           qu'ils représentent.)
                     3. Une carte est auto-réflexive. (Dans le langage nous pouvons parle à propos
                         du langage.) Korzybski.

Relevé. "Tu es un spectateur, mon gars. Un regardant. Tu as touché du doigt tes propres obscurités
                et ce qu'elles peuvent te conduire à faire, et maintenant, tu apprécies le plaisir de répit
                d'être simple spectateur." Ellroy.






L'image mourra d'overdose dans le recyclage sans fin d'un même de plus en plus fade.
Réduite sans se condenser, l'image de l'image de l'image toujours plus floue multiplie dans un syphon sémantique la léthargie de nos désirs.

 Il n'y a plus de paons que dans nos zoos et nos satellites, toutes nos images sont sur écoute, devenus aveugles nous nous échangerons dorénavant de bouche à oreille.
Ou d'autres sens alors pour matérialiser la diffusion du peu de nous qu'il reste dans la marchandise.

L'oeuvre ou le travail n'est rien d'autre qu'un faire. Achevée elle ne m'importe plus. Acquise elle me libère des droits et devoirs sur elle. Dans le réel et le virtuel.
Mon être est faire, votre avoir est ma dépossession.

Et continuer.










              

2.11.2014

Votation suisse/ Europe, fouette-nous!

La frustration (compréhensible) de certains ne doit pas entraver la richesse (même relative, même potentielle) d'un tout, si imparfait soit-il.

L'Europe est une réalité, un idéal et une utopie. Un continent de guerres ne s'unifie pas en claquant des doigts.

Pour être clair, je suis citoyen suisse, vivant à l'étranger. J'ai longuement été contre l'intégration à l'Union.
Je suis pour une Europe fédérale,
je suis pour une Europe politique, sociale et culturelle
et pas pour la libérale.

Je crois que Lisbonne aurait dû venir avant Maastricht.
Je pense que le politique devait ou devrait fonder l'économique et pas l'inverse que nous subissons.

Ses bases, je crois, sont doubles. L'économie (le charbon et l'acier) et la paix.
Et c'est la paix qui me porte, la cohésion, l'unité des différences.

Le signal envoyé par la Suisse, qui fait bander les populistes européens, est une marque rance et ce serait déjà trop si ce n'était également une marque dangereuse.

Même Fillon, cet UMP "modéré" trouve ce choix naturel (avant de se raviser pathétiquement).

Bientôt l'Europe votera puis la Grande-Bretagne.

Alors j'espère, en tant que Suisse (et même si je vis à l'étranger, en Europe, ma famille y réside, mes amis, mes connaissances) que l'Europe réagira vite, très vite et très fort.

Elle ne doit pas montrer aux autres pays que l'on peut faire ce que l'on veut avec ce que l'on a signé.

Elle doit être ferme. Et tant pis.


Et ne croyez pas que je me contente de l'Europe qu'on nous construit, mais il y a une soudure à tenir et des failles brunes à colmater.


Europe, fouette-nous!


2.10.2014

Le populisme est une infection/le printemps brun de l'Europe

C'est toujours une question de temps
et de nerfs.
Des statistiques que l'on combinent, des histoires qu'on arrangent, une lecture qu'on dirige, un argumentaire qui doit se tenir en trente secondes, des mots cru qu'on cuit et recuit
et, dans un lexique simple et clair, nous jouer dans le ventre, dans les nerfs, dans le sang.
Le populisme est une infection.
L'incubation est lente, souvent et ronge, en profondeur.
C'est le poids démesuré de l'interprétation, la relecture, le moiré, le vitrage, la fumée,
les plis,
les interstices,
les couches,
où tout peut être vrai,
et l'image.
La force de frappe, l'immédiat et le réactif, les affiches de l'UDC, le langage de l'UDC, la syntaxe de l'UDC.
Du FN, de la Ligue du nord, du Jobbik, d'Aube dorée,...
Et même si ces populismes peuvent s'analyser et se catégoriser de manières différentes,
la grammaire (verbale et non-verbale) est la même.

Lorsque l'histoire enseignée est pauvre et consiste à avaler des dates, lorsque l'enseignement enfonce, gave et ne structure que le crachat des informations,
sans essayer de faire naître, une analyse et une critique, même seulement d'essayer d'en dévoiler les possibles,
lorsque le marché ne peut que jouer la peur, la flexibilité, l'adaptativité, le changement permanent, la vraie insécurité,
lorsque les technologies nous rendent totalement et en permanence disponibles,
lorsque le fatigue ou la lourdeur quotidienne, la multiplication des fleuves d'informations et le lointain toujours plus loin des sources conditionnent notre approche du monde à la surface,
lorsque le temps d'attention est limité

alors, les conditions sont idéales pour l'avénement d'idéologies limitées, en noir et blanc, un espace binarisé de la pensée,
un terreau de fracture
un printemps brun.

2.07.2014

Nouvelle 27/La perfection

Une brise. C'est le soleil déchaîné, la tenture, l'oeil diaphane de Jill. L'homme est parti dans la nuit. Juste avant le matin, dans l'ivre encore entre.
Tout est resté parfait.
Une longue glissière, tortiller les draps, les avoir à soi.
Oublier déjà, c'est fait. C'est bon. La suite, maintenant.
Jill s'enclenche dans l'après-midi, un décorum clair, des rollmops et du café, la perfection.

2.03.2014

Nouvelle 26/ une ligne attentive

Dessiner une perfection et aller-et-venir en attendant, ce n'est qu'une vraie ligne, attentive.

Tony boy traduit des signes et dans sa tête, les chambres se capitonnent, les étages s'interfacent, les voisins changent, certains reviennent.

Tout est si contrit. La flèche blesse d'abord puis nous dit, je suis fatiguée d'être bandée, votre chasse m'ennuie, le sang est pareil,
même vos goûts sont pareils,
rien ne rentre, ni ne me raconte des débuts de monde.
Tony boy glace l'écran et se frotte les yeux, la faim.
Puis dans un parc, archivé, lent, des moineuax ou quelque chose comme ça, le marteau sur l'acier et des feuilles à aller dans l'air comme il veut, la ville, intégrale, une sorte de moment possible, des humains qui s'en foutent et tracent et s'affairent de tracer entre la sortie et une autre sortie.

Un grain, comme un oeil habitué à une image dégradée de la réalité, un oeil rongé d'écran qui revoit un timbre de lumière réellement distordue par la pollution.

Tony boy prend une pizza, du vin.