7.30.2015

La poésie est un langage clair/ PornHub



















L'amour, l'unité, le goût du monde,
les décades
si sombres,
si lumineuses, 
l'atome,
nos lumières, nos liens, nos connexions, nos cumshots
nos finitudes et nos déchêts.
Demain les chiens remonteront nos vents et suceront nos queues.


L'amour est cinglant et se répand 
quand rien de ce que l'on nous offre ne nous comble,
quand le froid
goutte
comme une pluie de juillet
et la vie par palliatif dans les minutes qu'on lui donne,
érode en nous
les milliards de mètres cubes de tendresse 
où s'enterrer ensemble,
joyeux,
et asphyxiés de bras et de peaux qui serrent.


Curriculum d'une bite dans le réseau binaire des Teens et Milfs,
neurones doux des plaines ivres d'ennui,
les neurones du plaisir ne sont pas des peaux tendres.
Nous sommes le courant qui courent dans les câbles et les bits qui nous battent des connexions Porn d'un lundi de janvier qui sont tous nos lundis et les janviers de nos corps qui ne savent plus bander.


Tractations et domaines de l'essence, ma chimie est frêle,
elle regorge de Cumshot
et d'amour jailli dans le mépris
gluant
qui se douchera seul de mes dollars de peaux frustrées.


Blow-moi




Job-moi



L'écran est le premier singe à avaller ma queue.




































7.28.2015

My song's lyrics/ Le Soleil des sans monde
















Des chevaux et une table
et un jeu de tarot
des pas d'ombres dans une ruelle
pleine de touristes à gogo


Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde

Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde



Un ban de requins sous un balcon
des pas d'arlequins mis au ban
et une louve au levant
dans l'entre-wagon des trains


Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde

Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde


Des loupiotes de foraine
dans des fêtes sans lendemain
et quelques chiens dans la plaine
asséchée au matin


Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde

Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde


Des douceurs ici-bas
une limite pour mes bras
et une cuisine qui dandine
son sourire à mi-voix


Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde

Pas un chat à la ronde
sous le soleil des sans monde






























7.27.2015

Haïku d'images-57/ Shaky Balance




























































Imagier-27/ Shaky Haïku





















































Haïku de route-74/ El Mono Motel











Ce n'était pas Nebraska. C'était "The Ghost of Tom Joad". Et probablement j'ai mal entendu. Je me suis fait un film. Mais un joli. Les journées sont trop courtes pour écrire et trop longues pour ne pas boire. J'aimerais ne jamais avoir à dormir et noircir du monde sur du papier en vrai bois et j'aimerais domir sans cesse pour sevrer la booze et tous mes désirs. J'aimerais des journées interminable avec ma femme, à rire avec elle et traverser des cons sur le siège arrière de sa moto. Et j'aimerais des nuits infinies pour ne pas entendre toute sa colère qui a fait ce qu'elle est. Je l'aime tellement que j'aimerais être elle et je m'aime tellement que j'aimerais vivre hors d'elle. J'aimerais que ma mère et mon frère meurent pour ne penser qu'à eux et j'aimerais qu'ils soient éternels pour qu'on ait le temps de se dire les mots qui viennent pas. J'aimerais que les zombies envahissent le monde pour être ce que je suis et j'aimerais qu'aujourd'hui soit demain pour sortir de la Ford et aller prendre nos chambres au El Mono Motel.


La beauté s'est un peu ratée pour l'instant. La réceptionniste est probablement la première fille mignonne que je croise depuis Genève. Même les touristes semblent calibrées. On aurait pu aller à Venice, traîner les beach de LA. Mais si une ville a des belles filles, même juste des bonnasses, elles doivent se trouver dans les rues les plus glauques ou les bouges les plus tristes. Pas compartimentées sur Sunset ou Beverly. Et ça donne raison au trafic qui couvre le dialogue entre Jane Seberg et Jean-Paul Belmondo dans "A bout de souffle", dans la chambre d'hôtel où Belmondo lui dit que les plus belles femmes vivent entre Genève et Lausanne. Entre. Pas dans. Des conneries bien sûr. Les conneries sérieuses de Jean-Luc. Les belles femmes ne sont pas partout, elles sont là où elles peuvent. Elles sont jolies et bandantes chez nous, mais elles le sont dans le Matonge, à Luang Prabang ou au Caire. J'ai bandé partout. J'ai baisé presque partout. Partout où je suis allé, évidemment. Il en reste quoi, Des souvenirs. Plutôt bon. Des classements de chattes à faire avec des connards dans des bars fatigués ou des Club House où on fait du sport pour justifier les litres de bières. Mais pas sur cette route. Si ça se trouve c'est une question de manque de chance ou la magie si puissante de ma femme.



Les Brownies sur le comptoire ont l'air merveilleux. Fait là. Dommage que je n'aime pas vraiment le sucré. Ils ont plusieurs sortes de cafés. Et des plantes qui poussent en vrai devant la devanture et devant la porte chaque chambre. Ce n'est pas très grand. La réception donne sur la cuisine. Tout est très alter, les tables le long de la fenêtre qui donne sur le jardin, des étagères de livres, la bouffe, le choix de café et de thé, les barbes des mecs, le décolleté de la fille, les manières, les gestes, les sourirs. Cet alter que j'ai cherché, dans lequel j'ai vécu et que j'ai fui d'ennui et de dépit. C'est dingue quand même, comme une idée, un fantasme te bouffe, te nourrit, ne peut être que parfait. Et que la réalité s'ouvre sur les mêmes conneries, les mêmes haines, les mêmes manques. Il n'y a pas tellement de différences entre les envies basiques d'un traders, d'un no-life, d'un geek, d'un alter, dans leurs manières de voir la vie, de la prendre, de la lire. Je consomme ci, je consomme pas ça, je veux untel, je me fous de unetelle.  Mais là, ça change de la graisse et de l'essence. Ma mère paye la chambre. Elle se réjouit de goûter un brownies. Elle sourit comme une gamine. On ressort, quelques tables sur la terrasse qui donne sur le jardin devant la route, la station service en face et derrière, le lac. On contourne le bâtiment. On s'est presque parqué en face de notre chambre. Un micro jardin bien entretenu vit sous le patio.




























7.22.2015

Haïku de route-73/ Like a Stone



Des gens restent planté là des fois comme des blocs de pierre, des dômes d'obsidienne avec la nature qui pousse et brûle et des singes qui construisent des routes pour rouler dessus. Des fois je me retrouve au coin d'une rue sans savoir où aller. Alors je cherche quelque chose à faire pour que ça m'amène quelque part. Et je réfléchis. Et je suis toujours au même coin de la même rue, toujours immobile. Et je ne sais pas quoi faire. Alors je me dis que je vais marcher pour trouver un truc à faire. Et je me demande dans quelle direction aller. Et je suis toujours au même coin de la même rue. Toujours arrêté. Alors je me dis que je vais aller boire un verre. Et je réfléchis à un bar qui me plairait dans le quartier où je me trouve. Toujours là, toujours posé. Toujours arrêté. Parfois ce n'est pas le coin d'une rue, mais le milieu d'une rue ou simplement dans une rue au milieu du trottoire. Et les gens, eux savent très bien où ils doivent aller. Et ils continuent à avancer. Ils me longent. Et moi je n'arrive pas à bouger. je n'arrive pas à avancer, ni à revenir sur mes pas, ni à aller à gauche, ni à droite, ni cette rue, ni celle-là, ni ce bar, ni celui-ci. Des fois j'ai l'impression que j'ai disparu. Mais souvent j'ai l'impression que quelqu'un va s'arrêter me demander si ça va ou simplement appeler des hommes en bleu ou des hommes en blanc. Alors je me mets en marche vers la gare.


Mais nous, nous n'avons pas ce problème. On va voir le Mono Lake et demain on prendra l'air des hauteurs. Si je ne savais pas un peu d'anglais j'aurais pu appeler la 158 qui longe le Grant Lake, "closed winters Rd". On est tard déjà dans la saison, mais je me demande quand même si le col ne sera pas fermé. Sur la carte, on doit passer devant l'entrée avant d'atteindre Lee Vinning. On sera fixé. Après la Rush Creek, la 158 achève sa boucle et nous retrouve. Je n'arrive pas à m'imaginer l'hiver ici. mais vous savez maintenant que je ne suis pas doué pour l'imagination. Je vois le blanc là-haut, mais je n'arrive pas à le voir en bas, laà, le long de nous, autour de nous. Une route à moitié goudronnée conduit à un cercle poussièreux, comme un exhutoire à stress. Une piste sèche pour tourner en rond en noyant sa colère ou son ennui dans un nuage de poussière. Ou parquer des cars, pleins de cars en attendant un siège ou pour un feu géant et des centaines de piques à marshmallows pour touristes en rêve d'authentique-typique, enfin en rêve comme dans un western mixé avec un film pour ados. Walker Creek, on se marie à la 120. Un massif de tôles habitées le long de Horse Meadows Rd, une vingtaine de véhicules, un bateau. Un quelque chose quelque part.


La plaine. On approche de Tioga Pass. On approche de Lee Vinning. La piste 15, la seule de l'aéroport de la ville. C'est bon le col est ouvert. On y est. Une flaque d'arbres sur la droite, une maison au toit mauve clair sur la gauche. Lake view Lodge, Mono Market, Bronze Bear outpost, Bell's Sporting Goods and Hardware, Nicely's, Bodie Mike's, Yosemite Gateway, Shell, je tourne la tête et nous trouve. En face de la station service. La vue tombe sur le lac. El Mono Motel LatteDaCoffee. Mais je réagis un peu tard, on continue, les voitures derrière. On fera demi-tour un peu plus loin. Je demande à ma mère si ça va, si l'étape n'a pas été trop longue, en souriant. Elle sourit aussi. On passe la 1rst Street. On tourne dans le renflement devant le seul court de tennis de la ville et on revient au ralenti. 2nd Street, Lee Vinning Motel, on tourne dans la 3rd Street et on se parque, un peu où on veut. Même pas trois de route. Je ne peux pas trop savoir ce que ça représente pour elle après le trajet de la veille, mais je me dis que ça doit aller et que ça lui fera du bien une journée cool. Je crois qu'elle est contente. J'aime bien quand elle contente.


























7.21.2015

Haïku de route-72/ Deadman Summit




 Nous avons atteint le Deadman Summit, 8036 Ft., sans s'arrêter, sans même le voir, sans avoir jamais eu l'impression de monter. C'est comme si les montagnes faisaient la révérence, s'étalaient sous le soleil, comme un père couché dans le sable et ses gosses qui lui grimpent sur le dos pour le cheval d'abord et se retrouver tout en haut quand il se redresse et nous montre le monde depuis le sommet de ses épaules. Pour moi, on pourrait toujours être sous la mer, à -282 Ft. Vu comme ça l'homme mort surplombe la mort elle-même et sa vallée. Nous avons tué la mort en existant. En décidant d'être et de marcher là, sur cette terre et de s'y mettre ensemble. On s'enterre, on se brûle, on laisse nos corps aux bêtes, mais on traîne dans la tête de celui ou celle qui reste, on erre dans les mémoires. Nous avons inventé le temps. Nous avons inventé le passé pour tuer la mort. Et nous marchons sur la terre en la regardant de haut. On croit que c'est chiant de mourir. Que de tous les futurs, c'est le seul inéluctable. Que pourrir et devenir un tas d'os est une fatalité et qu'elle gagne toujours. Mais on pose des pierres, on écrit des textes, on aime, on se fait haïr. Et on traverse. On traverse la vallée et on monte à l'air pur et on contemple. Tant que la totalité de l'humanité se rappellera un nom, juste un nom, même si ce nom c'est "Deadmann" et qu'il a une Creek, une Road et un Summit, alors nous aurons gagné. Sur la nature. La vie. Et ce que certains appellent le Destin.


Obsidian Dome Rd, des creusées sèches, trous ocres et plats entre les amas d'arbres. Le route hésite. La nature se partage. Une butte, un bubon parfait. Je n'ose même plus essayer la radio. Je sais qu'on est presque là. Je me rappelle les Hollandais qui vantaient la beauté étrange du Mono Lake. Il n'était pas prévu sur notre parcours.  Probablement qu'il n'est pas prévu sur le parcours de la plupart des gens qui roulent dans la Californie. Trop à voir. Trop à dire, j'y étais, trop de cartes postales qui doivent venir de certains lieux et pas d'ailleurs. Trop d'attentes de ceux qui ne partent pas, qui partiront plus tard, ailleurs et qui iront là où on doit envoyer des cartes postales. Trop de Tour Eiffel, trop de Pont Charles, trop de Place St Marc, trop d'endroit que je me suis tapé et qui n'avaient strictement rien à m'apporter, qui avaient épuisé ce qu'ils avaient à raconter dans les chiures des pigeons, les flashs des Kodaks et les perches à selfie. Les transhumances sont normales. La masse se masse est c'est normal. C'est moi qui suis pas normal. Je devrais m'y plaire. Je devrais m'y sentir en sécurité. J'aurais dû continué à adorer faire la fête et pas m'emmerder dans ces beuveries sociales où toutes les conversations sont toujours les mêmes, les rapport, toujours les mêmes, les règles, si puissamment implantées qu'elles ont détruit le peu de joie spontanée qu'on aurait pu y trouver. Je me suis fait chier dans les fêtes à partir de 18 ans à peu près. Mais c'est vrai que l'herbe qu'on fumait était assez efficace.


June Lake Junction. Je ne me rappelle plus si on s'y est arrêté. J'ai l'impression qu'on a pris de l'essence quelque part, mais je ne me rappelle plus. Il y a un arrêt de bus pour Reno devant la station Shell. On a l'impression d'avoir repris la plaine. La 395 se scinde pour quelques miles. Il y a de l'eau dans le Grant Lake et des montagnes plus loin pour nous embrasser. Ma mère doit aimer. On est un peu silencieux. La montagne, c'est son enfance. on s'en fout que l'enfance soit heureuse ou pas. Il y a des images et la nature des images qui embrassent et rassurent. On cherche des ailleurs. Mais on ne les cherche vraiment qu'en sachant qu'on rentrera dans nos campagne poisseuses, nos montagnes froides, nos déserts brûlants. Quand on part sans revenir, dégoûté, fatigué simplement, fuyard, tous les paysages croisés sont des paysages d'enfance. Il n'y a que les enfants qui fuguent et qui découvrent des nouveaux royaumes. Nous, on reste éloigné. On reste des grands. On reste foutu des nouveaux royaumes. On ramènera des histoires dans les nôtres. On changera un peu la décoration, on repeindra les murs d'une pièce, peut-être de deux, on mangera différemment quelques temps. Avant de chercher un autre ailleurs qu'on regardera défiler derrière la vitre d'un Ford ou d'une Fiat ou derrière l'écran de nos caméra ou de nos smartphones. Non, il n'y a que les enfants qui fuguent vraiment.






















7.20.2015

Cinématographe -4 / Flag























video



































Haïku de route-71/ Deadman Creek













Les raisins sont comme le melon, comme les tomates, la laitue, comme les fruits qu'on a essayé, les fruits quand ils ne sont pas en conserves, gluants et que les cerises goûtent la pêche, les légumes quand ils ne sont pas cuits et assaisonnés avec des herbes en poudre achetées au kilo. Les melons, les tomates, nos raisins, ce n'est que de l'eau à mâcher. La délicatesse californienne c'est savoir savourer l'eau déversée par centaines de milliers de litres dans les cultures, détournée des Creeks, pompée des lacs et des nappes. Cette eau que tout le monde devra rationner l'année prochaine, c'est elle, la joie du fruit, sa richesse, le goût de cet eau si rare. Il faut juste avoir compris ça et tout devient délicieux. On est allé les manger un peu à l'écart, quelques pas derrière les toilettes. On voulait se dégourdir un peu les jambes, fouler un peu de brindilles, donner de l'humus à nos semelles, les changer du bitume et essayer de prendre un peu d'odeur verte, voir si le printemps exhale un peu. Ma mère s'est assise sur un rondin, près d'un reste de feu. J'ai fait quelque pas. Mes jambes sont un peu lourdes. Je suis pas fait pour passer mes journée assis.  En contre-bas, une clairière. Ma mère s'extasie sur la taille des pives. Elles sont vraiment grosses. Nous ne sommes plus très loin de notre prochaine halte. Il n'est pas encore midi. Le sol est sec.


On fume une cigarette devant le parking. Je respire. Je regarde l'aire de repos. On lui a donné la forme d'une goutte. Une goutte d'asphalte et de béton. Ma mère retourne vers le Ford. Un bébé pleure. Un homme ferme les vitres de sa voiture. Il sort, ouvre le coffre, prend une glacière. Je laisse tomber la fin du tabac en frottant mon mégot entre le pouce et l'index. Je vais jeter le filtre à la poubelle. La femme me regarde. Elle a les cheveux propres, tirés en arrière, les lunettes de soleil sur le haut du front. Elle tient son bébé dans les bras. Je la regarde. La dernière cendre fume sur le sol derrière moi. Je lui souris. L'homme est déjà dans le sous-bois. Il a posé la glacière sur une des tables et retourne vers sa voiture, peut-être chercher une deuxième glacière. Je retourne vers la Ford où ma mère m'attend. J'enlève ma chemise avant d'entrer dans la voiture. Un car noir entre dans le parking. Il y a 8 places de stationnement pour les bus. C'est le moment de partir. On a été plutôt bon sur le timing. J'essaye d'imaginer huit cars de touristes débarquant en même temps. Un écoulement d'angoisse me lèche la colonne. J'arrête assez vite d'y penser. Je suis sûr que ma mère fera les mêmes commentaires sur la folie de l'embranchement.


Je me demande où mène la Deadman Cr Rd. Je ne sais pas si nous sommes la cicatrices qui tranche et enterre la Deadman Creek ou si c'est elle la cicatrice qui verdit un plan pelé de chaque côté de la 395. Un homme lui a donné ce nom. Quelqu'un a appelé cette cicatrice "Deadman". Est-ce que le cadavre s'était noyé dans 30 cm d'eau? Est-ce qu'il a été bouffé par une bête? Non.. C'est trop banal comme mort. Il ne devait pas connaître le cadavre. Sinon il l'aurait probablement appelé "Tom's Creek" ou "Jack's Creek", pas "Deadman Creek". Et il ne devait y en avoir qu'un. Il l'aurait mis au pluriel si ça avait été un groupe, une famille, une bande de trappeur. Non. Il ne devait y avoir qu'un seul gars. Peut-être le premier gars que le type qui a nommé cette Creek a croisé après des semaines ou des mois d'errance ou de trappe. Et ce mort a dû le marquer, le marquer suffisamment pour qu'il nomme la Creek ainsi. Des cadavres sur la route, sur les piste, dans les bois ou dans le désert, la mort, la mort brute devait plus être la règle que l'exception à cette époque. Et ce mort devait avoir un truc particulier. Un inconnu. Avec un truc particulier. Un jour, peut-être je reviendrai par là. Je prendrai la Deadman Cr Rd. Et je remonterai la rivière. Peut-être qu'au sommet, il y aura un campement de caravanes. Puis je redescendrai. Je passerai sous la 395 et je la suivrai jusqu'à ce qu'elle se jette dans la Owen's River. C'est un but comme un autre.































7.18.2015

Haïku de route-70/ Crestwood Rest Area





C'est la première fois du voyage que la nature parvient à cacher le ciel. Le premier tronçon d'un ciel en parcelle et le bleu qui se repose sur un nid d'aiguilles. Une lame de lumière suivant la ligne blanche de la 395. Oui, c'est la première fois que le ciel s'absente. C'est le contraire de la booze. Ou une autre image. L'alcool nous calle sous les pins, nous protège de la lumière toujours trop vive et du ciel toujours trop loin. Non. Moi, en fait. Je ne sais pas comment vous buvez. Moi je bois parce que le ciel est trop clair et le désert trop présent et en même temps trop habité. Je bois pour des océans d'arbres à me border dans l'après-midi. Et il y a toujours, à un moment donné, un verre qui éclaircit la touffeur, toujours un verre qui découvre la clairière, toujours un verre qui met les choses au pas et rend la normalité plus normale, la refroidit un peu. Les verres, les premiers, m'ouvrent à des possibles incroyables de n'importe quoi. Mais il y a toujours un verre qui me ramène au monde, qui fatigue ses tentatives de le désirer, il y a toujours un verre qui me réveille. Alors il ne me reste plus qu'à respirer un bon coup, soulever de la fonte et nettoyer le merdier.


Mammoth Scenic Loop. Des routes qui s'enchevêtrent dans toutes les directions. La sève de la civilisation coule dans les bois. On a besoin de pisser. La route est nue de Total, Exxon et autres depuis quelques temps. Un panneau nous indique un aire de repos. Ma mère ralentit. Il semble qu'on va devoir chevaucher la route. L'aire se trouve sur notre gauche. Elle s'engage prudemment dans l'entre-deux. Elle trouve tout ça bien dangereux. C'est comme couper une autoroute sans feux ni stop. Mais ça va, le traffic n'est pas trop dense. Elle flippe un peu quand même. "Mais, ils sont fous quand même". Oui, oui. Vas-y. Jette-toi. C'est toujours D. C'est facile pour moi. Facile de m'énerver. De ne pas comprendre. Facile de glisser sur l'autre, ne pas faire l'effort de prendre sa place. Passer mon permis de conduire par exemple. Imaginer que j'ai 70 ans par exemple. Imaginer. Prendre du temps pour imaginer au lieu de prendre mes nerfs pour m'énerver. Mais je n'arrive qu'à rêver. Je n'ai jamais su imaginer. Je n'ai pas d'imagination. C'est quand même un peu con pour quelqu'un qui veut être écrivain.


On se parque dans un nuage de bitume au milieu d'une nuée d'arbres. Deux autres voitures. Un camping-car. Crestwood Rest Area. On sort. Les toilettes sont grandes. Hautes. Propres. J'entre dans une cabine. Je recouvre le siège de papier. Je regarde la porte. Je sens la fraîcheur passer dessous, remonter vers moi, ma puanteur. Je retourne vers la voiture, ma mère voudrait manger le raisin. Je retourne dans les chiottes le passer sous l'eau. Je regarde l'affiche. OMG! Your phone is turning you into a Zombie! Mobile Zombie. Behavior: Stares blankly at their mobile device, brainlessly chats or texts away. Survival Tip: Never talk or text on a cell while driving. Other notable Zombie Types : Day Dreamin' Zombie. Glam Zombie. Grubbin Zombie. Party Zombie. Il y a parfois un peu de vérité dans une publicité, même si elle n'est faite que pour la prévention routière. Elle doit du vrai. Elle doit avaler quelques couleuvres. Mon téléphone ne semble par reconnaître la Californie. Je vis sans lui et sans y penser. Je pourrais retourner au monde d'avant sans problème. Internet pourrait disparaître. Les téléphones mobiles disparaître, je sais que ça ne me ferait rien. Et c'est tellement bon de le savoir.




















7.16.2015

Haïku de route-69/ Dark green













La 395 penche vers le nord. Le day est cool. Je réessaye la radio. Je fais le tour en regardant les nombres défiler comme des sémaphores paniqués, s'arrêtant sur des prêches en espagnole, en anglais, de la pop mexicaine. Je croyais qu'il y avait des stations comme dans les films avec des musiques faites pour la route. Mais peut-être que je ne sais pas ce que c'est que la route ou la musique. Ses échangeurs ressemblent à des noeuds d'arbres ou des gousses qui poussent ou deux arcs tendus face à face, prêts à s'entre-tuer. Une usine géothermique pointe ses alvéoles le long de Substation Rd, des blocs de légo pour bouffer au sol une chaleur qui tombe toute dense du ciel. Minaret Rd nous longe en nous séparant les pins qui prennent sur la gauche. La vie crie, tâchète de vert la plaine et les Creeks chantent sous terre. Et nous, dans l'habitacle, on est juste bien. J'imagine sur la banquette arrière ma femme et le petit. Il y aurait bien plus de mots. Il y aurait une vie commentée. Mais ce serait chaud. Et ce serait les miens.


La douceur du vert, son éclat, sa rayonnance, ses nuances chaudes et joyeuses, on ne les a vu que dans les jardins inondés par les Creeks pompées, cette jubilance phréatique, les nappes aspirées pour éclore dans les enclos des maisons privées sous les étendards où la vie paraît et explose, abonde sous l'arrosage automatique dans l'orgueil ivre de gaspiller. Antelope Rd s'effondre sur la droite et nous entrons tous ensemble dans une chatte sombre de pins, des centaines de cimes bandées qui prennent le ciel comme un linge de cuisine qu'on refermerait sur un plan de travail. Après tous ces miles où il n'y avait que la caillasse qui osait se dresser face au soleil, la nature vivante, enfin, nous ombre la route. Je me sens comme un puceron dans un champ, une poussière dans un tapis inondé d'halogène, un parasite quelconque en paix dans la touffeur, un être humain qui cesserait un peu de trembler, dissimuler de l'infini. Une balle de flipper qui retrouverait ses bandes. J'étais si petit quand je courais seul entre les rangées de vignes. Je jouais à la guerre en Afghanistan. Celle des Russes. Je rampais entre les sarments. A la montagne je soufflais derrière les troncs. Les sapins sentaient bon. Ils me protégeaient de l'angoisse de la pierre qui fermait le monde et de l'angoisse du ciel qui n'a jamais été fait pour les hommes.


Avec Aymon, on s'était cuité au café El Horreya, à la Sakara et on avait continué à l'appartement. On s'était réveillé le lendemain dans la torpeur du Caire et la tête dans le cul moite sans avoir rien préparé du spectacle de marionnettes que nous étions censé présenté trois heures plus tard dans la touffeur d'une aula d'école devant des gamins qui nous attendaient avec impatience. Je ne me rappelle plus le nom de la femme qui était venu nous chercher. On s'est retrouvé dans sa voiture et je suais déjà mes litres de bière tandis qu'Aymon, dans le silence, les marionnettes dans le coffre, construisait notre improvisation en ramant ses neurones. Je crois que c'était vers Héliopolis. L'extension de la ville dans le désert du nord, dans le désert gagné et la plèbe oubliée de la Upper Class cairote. J'étais une variable nauséeuse et je baignais mes yeux dans l'étalée des quartiers de la mégalopole. Les bâtiments, les immeubles, les routes venaient d'être construites, rutilantes, fraîches, légères et brillantes dans le désert qu'on regardait s'étendre plus loin en sortant les marionnettes du coffre. Et les carrefours traversés et ce dernier carrefour qu'on traversait pour aller vers l'école qui bandait ses fleurs et le vert joyeux et les rouges éclatants, inondé d'une eau si rare comme les chasse d'eau des hôtels de Jordanie, des torrents d'abondance, le factice du riche dans le gaspillage de sa rareté. Ici, le long de la 395, le vert est terne. Il respecte son quota. La nature est moche mais elle ne montre que sa pudeur.






















7.13.2015

Haïku de route-68/ Back for More






Ma maman je l'aime, même si on ne parle pas beaucoup et qu'elle m'énerve souvent. Nous n'avons jamais tant parlé, je l'ai déjà dit. Ce n'était pas les moeurs, pas les temps, c'était ainsi ou alors je ne me rappelle de rien ou je me rappelle faux ou ça devait être comme cela qu'il fallait oublier ou écrire sa propre histoire en avançant silencieux. Mais je ne crois pas. Je me suis toujours rappelé. Jamais les mots précis, rarement les mots en fait, mais leurs goûts oui, et surtout s'ils avaient été là ou pas. La communication dans le silence, c'est là, dans cet espace tellement vaste que s'étend la confiance. Ce sont toujours des yeux la confiance, un peu de lèvre à lire mais sans le son, une main sur l'épaule. elle est tacite. Plus vous entendez de mots dans une phrase, plus vous savez qu'on vous ballade. Les parleurs sont des enculeurs. Ils vous enverront des tonnes de baisers et vous embrasseront fort et lentement et souvent et vous laisseront un jour avec le chemin vide ou la maison vide et des tonnes de mots qui vous saliront dans la tête dans l'écho de toutes vos solitudes. L'amour est silencieux.


On passe au-dessus de Mammoth Creek, tout droit à l'échangeur de la 203 qui mène au Meridian Blv ou à la Lake Mary Rd de Mammoth Lakes. Toute cette eau promise, on n'en voit rien. La seule chose qui coule c'est l'asphalte et nous dessus. On est pas très motivé à visiter une station de ski et les sillons habituels dans la forêt, des langues d'arbres et des pistes bleues, rouges avec des noms comme Coyote, Solitude, Wall Street, Easy Rider ou Back for More. On met des mots quand même. On parle de la piscine dans laquelle nous ne voulions pas nous baigner alors que ma mère adore nager avec sa tête toujours hors de l'eau. On parle de la mort qu'on a traversée, des arbres qui viennent, des voitures monstrueuses, de la graisse des Américains alors qu'elle et moi nous sommes des os et son corps de gamline à elle. Encore ma main, par la vitre, je tête l'air qui mute la Sierra Nevada, un air qui a pris entre les troncs, un air d'écorce et de neige. Je joue au gamin qui vole, la paume sur le filant d'air. J'aimerais être assis sur le balancier d'une vieille horloge dans une salle à manger où tous les miens, famille, amis seraient assis à manger dans un long ensemble que j'observerais heureux et oscillant dans le poids de chaque seconde que je savourerais.


Je crois bien que j'ai pris toute la tendresse de ma mère les quatre, cinq premières années de ma vie. Je dis pas que c'est l'arrivée de mon frère qui a tout changé, qu'il m'aurait volé quelque chose ou des conneries comme ça. Je crois que j'ai épuisé ses bras, ses cuisses, ses jupes à m'y accrocher tant et tant et à hurler le reste du temps, à vivre terrifié hors d'elle, à vivre terrifié par ce monde que je devrai boire dès que j'ai pu, terrifié des autres et des bêtes, entre lesquelles je ne faisais aucune différence. C'était évident que ça ne pouvait pas durer. Elle m'a pris un jour dans ses bras et m'a jeté dans la mer. Probablement pour que je lui foute la paix d'abord, puis pour que je vive un peu, quand même. J'ai recrié un peu à l'adolescence. Maintenant je crie à l'intérieur de moi des mots silencieux qui vous disent : Hey, allez-y! et que je fais voguer sur un océan de bière et de vin. Et ça doit être ça le laisser-aller. Prendre ceux qu'on aime et les lancer dans le monde. On reste pas loin. On tient le frigo. On assure un toit. On fout les gamins dehors dès qu'on peut, on s'inquiète dans le ventre, en silence et on laisse la porte ouverte ou alors on fait un double des clés quand on devient vieux et que la peur monte.























Haïku de route-67/ Toms Place























Je ne me rappelle plus quelle chanson. Je suis presque sûr que c'est sur Nebraska. Ce nom qui tombe, en fin de couplet je crois. La chanson est lente. Je ne sais pas si Springsteen parle d'ici, de ce Toms Place. Mais j'y pense. Je devrais chercher. Je retrouverai, je sais. Je sais plus où j'ai mis l'album, si je l'ai toujours ou prêté ou perdu dans un de mes déménagements. Je n'ai pas bougé jusqu'à mes 18 ans. On était toujours à Mont-Sur-Rolle. Il n'y avait pas de raison que les choses changent. Les gens ne mourraient pas. Les gens restaient. Les vignes poussaient, donnaient, dormaient. Revenaient. Dans les villages, à la campagne, en montagne, le long des routes américaines, il n'y a jamais eu de raison que les choses changent. Et même si on ne participait pas au mouvement de jeunesse, qu'on ne faisait pas partie de la fanfare, des activités paroissiales, que nos parents étaient pas trop motivés aux fêtes annuelles qui structuraient et structurent toujours la communauté, on restait dans le timbre, dans cette atmosphère qui était réellement l'éternité.


Encore un lac blafard après Aspen springs. Une marina à l'appendice du Lake Crowley dans lequel devrait se jeter la Whisky Creek tarie et la Hilton Creek rachitique. Des résidences bordant des rues en forme de P, de Q Quelques flaques de verdures le long de la route dans la terre qui pèle l'écho de la Sierra Nevada qui disparaît gentiment dans le rétro. Alors que la mort et les liens semblent avoir disparu des villes, que les cercles, concentrés, s'y brisent, que la vitesse et les néons parcourent le Même, l'idolâtre, que ce qui ne s'invente pas assez vite, se vend quand même, en recyclé vintage, que le temps en syphon des villes paraît centrifuger l'éternité, celle-ci se manifeste dans les kermesses des zones reculées. Ce sont dans les villes qui mettent des voiles sur la disparition, qui la reclusent dans ses ombres, qu'elle hurle le plus fort. La mort qu'on avait enterrée dans les rues commerçantes ne cesse de revenir et de revenir encore dans les manques, dans l'ennui, dans le désir, dans le xanax et les burn-out et les bore-out, tandis que dans les bleds où la tradition chevauche la modernité, où la disparition est vue et vécue, la mort dort tranquille sous la terre des cimetières, et l'éternité paît ses champs.


Des miles de rien. Une église au croisement de la 395 et de Benton crossing road, Green Church au bout de la piste d'atterrissage unique numéro 27 du Mammoth Yosemite Airport. Rien d'autre qu'une agence de location de voitures Hertz et cette église le long de la route. Sawmill Rd, Substation Rd, Minaret Rd. On distingue à présent, un peu à l'écart de la route, des arbres qui nous annoncent un nouveau monde. Elle était vraiment bonne cette omelette. On doit être à 300 miles à vol d'oiseau de San fransisco, 350 de Vegas. J'aimerais bien écouter de la belle musique comme quand on allait en Italie. J'ai perdu toutes las cassettes. Ou ma mère les a foutue loin quand on est parti de Mont-Sur-Rolle. Mon père et Dumartheray avait retapé la vieille ferme et tirait au pistolet dans un stand de tir aménagé dans l'entrée de la cave, là où on mettrait le sapin de noël quand je serai arrivé. Ils s'étaient arrangés sur le loyer. On s'arrange au vin blanc et en se serrant la main. Puis Dumartheray est mort et à légué la maison à son fils. Qui a voulu emménager vite. Alors que mon père pensait mourir là. On a échangé notre maison contre leur appartement à Rolle. Et on a placé mon père à côté de la fenêtre qui donnait sur le lac.



































7.04.2015

La poésie est un langage clair/ Captain!































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Haïku de route-66/ Nu-Mu













Papa est mort dans une nuit et je n'ai tué personne pour un rayon de soleil. Même pas lui. Le soleil, je le laisse mourir dans le pare-brise, là, en filant l'asphalte qui n'en n'a jamais rien eu à foutre des jolis garçons mort pour qu'on puisse le remplacer et continuer à rouler vers nulle part, vers nos nulles parts, avec toutes nos raisons, si évidentes, nos chairs d'ennui dans le pilling d'une autre ville, d'autres rues, d'autres bars, cette force des yeux brûlés à découler des détails, les détails des rues du même et des Zara de Madrid si différents des Zara de Bruxelles, des chambres d'Arschott si différentes des chambres de Payerne ou des Paquis et les English Breakfast du Caire et les Tikka Massala de Berlin. Loin derrière, le terre-plein désert de Zurich et là, enfin, sur la gauche, de l'eau. Mon père est mort dans tellement de nuit et ces nuits étaient tellement de jours et ce Boozman d'Inglewood dans la lumière fermée d'une fin de matinée, le pantalon beigâtre tout tâché de pisse qui oscillait en regardant les choses passées vers quelque chose. Probablement que c'est ça le "lâcher prise".


En passant Bishop on était 168, 108, 168 à nouveau pour devenir la 365 enfin et bifurquer sur la gauche de la carte quand on la regarde avec le nord en haut. Sunland Ln nous fait contourner la ville. On quitte l'Entre-monde, la Sierra Nevada dans notre dos sur la W Line St. On longe le Bishop Indian Tribal Council. Un peu avant la First Church-Christ Scientist. Rencontre des mondes dans l'Entre-monde le long de la W. Terres perdues, terres de réserves, d'acres donnés, repris, d'acres de rien, les frontières du monde, les clôtures du monde. Papa est né dans une Hongrie rasée par Trianon, il n'a pas chillé son adolescence dans des festivals mais sous l'occupation nazi, il a marché vers la trentaine dans le satellite rouge. Il s'est installé en Suisse où il n'y a jamais eu besoin de pointillé sur une carte tant les montagnes suffisent, la mentalité suffit. Oui, l'agriculture et ses premières clôtures est la plus grande catastrophe de l'humanité. On s'est perdu en s'arrêtant. On aurait jamais dû cesser de marcher. Les Paiute sont la cinquième plus grande tribu de Californie.Ils sont le sang des Nu-Mu.


Mais nous, on ne marche pas. On roule, traçant Bishop sans même la remarquer. Le monde verdit. On rate les Scientists en prenant Brockman Ln. Les virages d'Amérique sont des angles droits. D'un même à l'autre. Les montagnes de la Sierra Nevada, je les entends rire. Elles dansent en nous remarquant à peine. Celles des White Mountain font la sieste en attendant tranquillement qu'on disparaisse. On prend à gauche sur la N Sierra Hwy en passant devant le Kingdom Hall of Jehovah's. Nos grandeurs. Toutes notre histoire sédentaire a passé son temps et donné son énergie à tirer des flèches au ciel et serré les doigts pour happé le vent et les dents pour sarcler, biner, retourner et pondre et pondre encore. Je sais que ma mère voudrait que je ponde. Elle ne comprend pas que ma grandeur c'est de descendre loin au fond de moi pour en aggriper le bout, le noeud et le remonter vers mon ciel qui rêve et de tendre tout ça. Je plonge et m'envole comme Arachné et je tisse ma toile pour achever toutes les verticales et jouir de finir à l'horizontale, apaisé, pacifié, doux et éternel. Elle ne comprend pas que la seule chose que je puisse pondre, ce sont ces mots.





























7.01.2015

Toen Koen Doen
























Doe      Doe      Doe      Doe      Doe      Doe      Doe      Doe      

Doe      Doe      Doe      Doe  

    Doe      Doe      Doe      DoeDoenDoe      Doe      Doe 

     DoeDoenDoe      Doe      Doe  


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    Doe      Doe      Doe      Doe  


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   Doe      Doe      Doe      Doe 


     Doe      Doe      DoeToenDoen   ToenDoen   ToenDoen   

ToenDoen   DoeToenDoen   ToenDoen 


  ToenDoen   Doe      Doe      Doe      Doe      Doe      Doe      Doe 

  MaarKoenDoen      Doe  


    Doe      Doe      Doe      MaarKoenDoen   Doe   Doe   Doe   Doe

   MaarKoenDoen   Doe   Doe


   Doe   Doe   MaarKoenDoen   Doe   Doe   Doe   Doe  

 MaarKoenDoen   Toen   Toen   Toen


   MaarKoenDoen   Toen   Toen   Toen   MaarKoenDoen

    ToenKoenDoen   MaarKoenDoen


   MaarKoenDoen   ToenKoenDoen   ToenKoenDoen   Doen

    Doen   Doen   MaarKoenDoen 


   ToenKoenDoen   MaarKoenDoen    ToenKoenDoen   ToenDoen 

 ToenDoen  ToenDoen  ToenDoen


  KoenDoen  ToenDoen  ToenDoen  KoenDoen  KoenDoen  Koen

  Koen  Koen  Koen  Koen  Koen 


Koen  Koen 

 KoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoen
KoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoenKoen
Doeoeoeoeoeoeoeoeoeoeoeoeoeoeoeoeoeoeoennnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn.