12.31.2015

Eliott's Work/ Untitled

































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Eve's End - Gimme Ya Wish
























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2016







































12.28.2015

Haïku de route-102/ Big Oak Flat Road
















Big Oak Flat Rd, on descend des larges pans d'arbres brûlés, des trouées aux doigts secs et brunis, une terre vallonnée d'herbes drues et pleines d'où émergent des doigts secs et cramés à pointer au ciel trop bleu des régénérescences qu'on laisse faire. La zone est à laisser la nature se conduire et se faire ses beautés et cramer des trous pour respirer et se nourrir plus bas et s'attendrir de l'air autour. C'est assez vaste quand même. On sort de lacées, revenant vers nous, vers nos avant nous et les arrêtées aux lisses où j'aurais voulu que tout s'arrête en instantané, qu'on y soit là assis entre les rochers assis, ma mère devant, vivants et arrêtés jusqu'à ce que ce soit l'éternité elle-même qui s'arrête, puis alors se lever et rejoindre la Ford et la route et mon frère et ma femme et le petit et Michel et Samir et Dimitri et Aymon et les autres et faire un train avec un van dans un bus. On traverse la terre brûlée qui repose entre le cours de la Crane creek et celui de la Wildcat creek. J'ai longtemps essayé de purifier. J'ai toujours voulu essayer de purifier. Avec du feu d'eau. Et faire se rencontrer les jours de feux d'eau et les faire se multiplier. J'ai souvent voulu ces terres brûlées mais je les ai toujours vues comme des jours de deuil. Elles étaient des jours contraints. Des jours contraints dans des jours de joie, de joie fière, des jours de contraintes et de joie où la joie était la contrainte, la contrainte des feux d'eau, des jours sans pain, des jours de plus et des journées augmentées où chaque minute qui buvait était une minute de seconde plus longue, des secondes de feux d'eau froide ou chaude.


On descend. C'est comme une corne sur la carte et revenir au muffle le long du bas des terres pleines de doigts secs et Crane creek plus à droite, derrière les arbres qui restent et profitent des trous cramés. La route est un nez de corne et on prend un virage qui est la gorge qui pend et la route s'abaisse encore pour faire un flan et il y a des arbres hauts et des arbres bas et des bas déjà vert à vivre et des bas déjà mort et le brun des troncs qui vivent et le brun terne des troncs morts encore debout. C'était des journée qui passaient plus lentement, plus durement, qui s'étirait plus durement et qui ne duraient jamais bien longtemps. Trois jours parfois et parfois quatre mois, parfois à peine, parfois un matin, parfois des nuits et des nuits, parfois dehors et parfois dedans, tout seul. Des journées de tunnels comme le tunnel qui nous engouffre sous un Yosemite sur Big Oak Flat Rd, des journées de tunnels courts, plus ou moins court, tunnels courts des vrillées de cols, ces cols d'enfance et ces cols d'adolescence tirée dans la seule différence de la nausée et ce qu'il a bien fallu un jour cesser de sucer, mais le plus loin possible, pinpin le tissu, Pinpin des rapiéçages de grand-maman, pinpin l'accrochée et les lunes de lustre à éviter de devenir grand le nez collé à ce doudou remisé et repris et ravalé, Pinpin repousser le pire, ce devoir d'être au monde et aux autres calé sur le sol de la salle de bain de mes parents.


Sous nous El portal Rd remonte pour nous suivre. Elle est un genoux qui cherche à rapprocher une cuisse, à la remonter, à se coller juste sous les fesses de Big Oak. Elle est pleine de l'artère de la Merced creek qui l'irrigue et la console de ne rien rejoindre. Wawona Rd fait l'arrière du mollet, celui du genoux et la cuisse que Portal et Wawona dise et tout ce qui serait leur cuisse est serrée d'os et rachitique, timide de ce cul qu'on atteint pas et le mollet s'ulcère et se gonfle du manque. Comment mon frère à vu tout cela, a pris tout ça, s'est fait de moi, s'est fait lui de lui et par moi ou par-devers moi, ce qu'il regardait de la là-haut, des là-hauts, ce qui était monté avant lui, ce qui montait avant lui, qu'est-ce qu'il s'est dit et s'est imaginé et s'est fait de l'éclaireur que je devais bien être un peu, ce piteux éclaireurs qui rendait d'autres chemins, d'autres routes, qui prenait les traverses à pas prendre, les traverses qui racontait tout sauf le monde de là et la joie et la joie de ce monde d'ici que j'ai tracé en monde de là et dont j'ai oublié de rapporter la joie, l'éclaireur qui ne gardait des cols que les virages, avec puis sans nausée et qui remontait les sommets loin devant les yeux ou alors, qui les renversait pour les éloigner et n'en pas être ou juste de peu. Il ne boit pas mon frère. Il ne fume pas. Il est resté là, près de la naissance. Il est père. On est, lui et moi, né à l'écart et dos à dos. Toute l'enfance on s'est battu. Pour jouer bien sûr. Toujours pour jouer.






































































12.27.2015

Haïku d'images-83/ Modern Life








































 











































19/ Casier 7/ Chapitre 7






















Tu. Et le grand en robe verte lorsque tu traverses la rue avec tes pieds en cloche, des sonnets pour vers luisant lui, oui. Et moi. Toi non. Et lui alors moi je sors avec le torse tout haut comme si je t'interprétais. La nuit, une cassure, un pli, un concert de flamenco où je n'étais pas où tu n'étais pas.


























19/ Casier 7/ Chapitre 6





















Raconter au monde du bruit, des cymbales tu vois. Maintenant attendre et moi si ton message est vrai j'attends mais c'est plus drôle.























Haïku d'images-82/ Breath Carefully









































































19/ Casier 7/ Chapitre 5























Samedi soir tu voulais me voir et samedi soir je voulais et j'ai été là mais le bonheur et après j'étais tout glauque et toi t'étais magnifique, le train j'y suis. Devant, toi qui regarde par la fenêtre. Tu veux et toi tu ris mon sérieux et toi désolée et rire et moi qui ouvre la fenêtre, attends! Moi sérieux.
























19/ Casier 7/ Chapitre 4























Le froid elle y pense. elle passe sa main dans les cheveux et je vois de mes yeux ses lèvres qui gercent. Je dis, viens sous le manteau à deux pas froid. Je dis et elle c'est pour rester plus près de moi et je c'est pour plus de toi. Il y a des moments sur la chaise où j'interprète et toi à attendre que je t'attende, tu viendras pas. Cela fait 97 jours que tu devrais avoir souri. Tu as souri aux 128e et au 163e et moi, c'était tard mais dans ma chambre, c'est une bulle d'azote qui explose. j'interprète.





















19/ Casier 7/ Chapitre 3
























Alors se ressaisir. C'est comme une soucoupe. S'arrêter ébahi devant une pair d'éperons. La bellerine. Trois pas. Une fontaine avec deux dragons. Pas ceux de Vaud et fini en 72. Pas les paysans pour les chevaux à garder même en civil. Deux dragons de fonte et devant, un cavalier en habit du 17e, genevois, avec des éperons que je ne peux regarder qu'ébahi parce qu'il les fait danser dans les airs et le corps rouillé de son cheval qui souffle comme si le pavé avait le goût de fraises salées. Et ça c'est quand je marche dans la rue, la vieille ville en chantant et plus loin, lorsque les foins se transforment en azote liquide, je dis Zoé, moi tombé.
Alors je bois un peu et je vais dormir. Zoé.
Ce matin, assis à soupirer. Histoire événementielle. Ma tête gratte et coule et j'entends les avis de Fénélon et moi aussi je suis subjectif et la peau même si c'est la mienne, je ne peux la laisser tomber. Je fatigue et me dis malade. Histoire interprétative.































19/ Casier 7/ Chapitre 2























Tu crois pas si bien dire. Sortir. Nuits à quatre roues. Vous y êtes. Moi pas. C'est une réunion où l'on parle de moi. J'entends une classe en-dessous, même plus loin que Justine qui m'a oublié depuis longtemps, j'ai entendu à 11 heures :
"trop con"
et puis cette autre journée dans la chambre avec le lit double, l'armoire, la tapisserie légère, j'ai entendu :
"Pathétique".
Alors samedi soir j'étais troublé et ma tête gratte. Je l'attends, je vous dit. Loin. elle est ailleurs à chercher. Peut-être pas moi. Elle aurait raison. un trottoire et la place est prise sans que tu puisses encore y croire. J'espère remonter les 12 marches du premier étage en pensant à des grues de chantier, les 12 marches du deuxième étage en maugréant sur la poubelle qui oublie de descendre et, avec au front, une léchée douce de fièvre, les 12 marches du troisième étage en disant à haute voix, la poubelle, demain et, dans le ventre, un baiser avec des lèvres de thym.
Devant la porte, un message, je viendrai à 8 heures, je crois et moi j'entrerai dans la pièce et sur le fauteuil. Puis il restera 20 minutes et je ne saurai déjà plus que dire et elle, elle viendra à 8h30. Et moi sur le fauteuil et puis debout à la fenêtre, devant les livres, la tête qui gratte en t'attendant. Je t'appellerai merci Zoé, j'avais besoin.





















 

19/ Casier 7- Chapitre 1



















J'ai cru aux discours. plus de mots, j'arrive sur une table à attendre Zoé, à l'attendre elle? Je ne sais pas. Ma tête gratte, mon corps me fait me rappeler le 3e chapitre de Caro Diaro de Nanni Moretti. Hier soir, on discuté, puis, puis, alors j'ai raté un train pour prendre le suivant et le, puis.
Alors voilà. je l'ai attendue, j'ai marché.
Pourquoi?
Je crois que c'est à elle maintenant de m'apprendre les caresses. Elle. Ais-je oublié? Je ne crois pas. Ais-je oublié?
Je ne crois pas avoir appris, ou alors quand les gentilles racontaient que j'étais ailleurs et alors! J'ai foiré deux trois trucs. Samedi soir, elle était là. Elle disait :
-Il n'y a que les petits princes qui peuvent me toucher...
Mais moi j'étais dans la rue. Oui, elle était belle. Elle l'est toujours. Elle l'était à ce moment-là. ainsi. puis,
J'écoutais. Et puis la folie, elle est où?
Ma tête gratte, et je ne sais plus qui attendre. Toi, comme d'habitude qui n'es pas là quand j'ai du temps pour toi. Mais moi, je suis à moi, égoiste, pourquoi pas? Samedi soir, elle marchait et je parlais. Belle. Je lui racontais d'autres histoires, de quoi la saoûler pour qu'elle ne se réveille plus. J'ai dit. Et voilà. Maintenant, ce matin, je l'ai vue mais elle, elle allait tout accepter. Et moi à elle. Belle, mais je ne savais plus, et elle, encore.
Merde.
















Haïku de route-101/ Crane Flat Gas Station






















On ne sait pas bien encore, ni comment lire la carte, ni quoi y trouver et si c'est loin et si on pourra s'asseoir et s'il y aura des fruits et même, peut-être des légumes ou s'il faut tout voir plutôt et s'organiser et puis, quand c'est bon et beau, on peut très bien trouver un bord de route et manger après les brindilles, entre les troncs ou sur un autre lisse plus bas et un peu plus tard. Elle était bien l'épicerie de Lee Vinning. On aurait dû penser et s'y arrêter en partant. Mais on avait autre chose en tête et déjà la journée et la carte sur les genoux et le ventre plein et on s'arrête jamais à penser à manger en entrant dans des épicerie le ventre plein. C'est comme s'il était vraiment plein et que la chose était faite et que c'était fait pour la vie et que ça ne reviendrait les lacets de cols avec le ventre moins plein et que toute l'histoire est encore à recommencer. C'est drôle de croire qu'on est bien fait, que tout est bien fait et que la machine est si merveilleuse que tous les organes sont là et là pour une bonne raison et pas un de trop ni un oeil de trop et les deux oreilles qui font l'équilibre où l'on tient debout et droit sur deux jambes qui ont elles aussi le bon nombre et tout un cerveau qui pense à ce que l'on doit pas penser comme respirer quand on dort ou bander quand la fille est bonne. Alors qu'on n'à que faim tout le temps et soif tout le temps et chaud et froid et que trop des choses si bonnes dans la vie te ronge le foie ou les poumons ou l'estomac et qu'il faut encore se lever pour manger et boire et s'habiller pour avoir chaud et trouver un toit pour être aussi heureux de n'avoir que ça à faire.


On prend longtemps à gauche, par à coup jusqu'au virage final devant Tuolomne Grove Trailhead qui finit la boucle autour d'un trou d'arbres, d'une herbe encore humide où passe la Crane creek et quelques restes de troncs morts. Je repère à un miles à peine, plus bas sur la route une station service où l'on pourra faire le plein pour la journée et acheter deux-trois trucs à manger pour plus tard, de l'eau et deux cafés pour faire tenir et fouetter jusqu'à la vallée. On se parque. Là, après, on bifurque sur Big Oak Flat Rd où alors on remonte par la 120 sur Manteca mais ce serait con.  Je sors des dollar de ma poche tandis que ma mère m'attend devant la pompe 3. On reviendra ensemble pour les deux trois trucs. Un pick-up est garé sur la place handicapé devant les poubelles Recycling only No Trash. Je traverse droit. Un vieux barbus en veste militaire regarde les huiles de moteur. Une petite fille cours entre les bacs à surgeler. Le père hésite sur des marques de jus de fruits. La mère regarde les cartes postales. La mienne m'attend, debout devant la Ford à regarder vers les arbres autour. Je reviens avec le pouce levé. Elle nourrit la voiture. Le sol devant les pompes a été refait en beaux bien plats qui font un petit niveau avec le vieux sol granuleux. Une voiture monstrueuse et noir s'engage dans le parking et s'arrête sous les arbres. Un homme en sort, seul. Je ne vois rien de ce qui se passe à l'intérieur, s'ils sont autres, nombreux ou juste que lui et le monstre uniquement pour lui, les vitres y semblent être faites pour voir la vie en sombre.


Ce sont toujours les frigos le long des bords et les grands congélateurs qui font les travées et au bout des frigos, sur la gauche, dans le fond, à l' angle, un autre frigo avec des sandwichs emballés comme les vitres du monstre. Il faut lire entre les conservateurs, la composition pour savoir le thon ou le jambon-fromage. On va se fier au pain je crois. Ma mère regarde. Je fais un tour. La petite fille semble s'être calmée, elle tient la jambe de son père qui paye à la caisse. Sa femme est en train de sortir. Le vieux attend derrière avec son huile et un produit que je ne connais pas. Les choses sont hors de prix. Et un peu partout, là, là et encore là, des souvenirs avec des ours ou des castor ou le mot "Yosemite". Des ours miniatures, en peluche ou en plastique, des casquettes avec des ours ou avec des castors rigolos ou avec "Yosemite" ou avec un peu de tout, des cartes postales avec des ours ou des castors, des planches à couper le pains, décorées et des stylos en plastique ou en bois avec écrit dessus avec un autre stylo plus chinois et plus industriel, "Yosemite". Je ne prends à boire que de l'eau, je redemande à ma mère s'il est veut un café "Mais un petit alors..." J'en prends deux, les plus petits qui sont plus grands que les plus grands chez nous. Je refais le tour à tout hasard, je regarde, je soulève, je repasse les travées pour me retrouver devant le frigo à gauche dans l'angle du fond avec les sandwichs tellement emballés et hors de prix. Ma mère m'a dit que c'était égal pour elle. J'en prends deux avec du pseudo-pain de campagne et des pommes et des sucrés. J'ai quand même bien hésité et encore à la caisse. on pourrait aussi se dire et s'il y avait un endroit plus loin avec des tables et des plats chauds et des cars de chinois ou de gras vieux d'ici aux tables, en salle ou en terrasse et le temps qui compte et qui tourne pour faire tout le tour des gras de la carte. De toute façon c'est sans choix avec les montagnes autour, les entrées sur les doigts d'une main et la route, toute seule et les arrêts de la route qui font que c'est comme ça qu'on se retrouve avec des trucs au thon et jambon-fromage probablement tellement emballés et hors de la prix à la caisse de la Crane Lake Gas Station.











































Haïku d'images-81/ Both Ways-Two Ways

































































12.26.2015

Haïku d'images-80/ Neon's Night























































Haïku de route-100/ Yo Bro!


















On pourrait toujours rester là, à plat et à rebord, en sortant souvent, contenté, donnant des consignes aux cailloux, colmatant les devoirs en les laissant glisser et faire toujours moindre, se réveiller tous les matins, le dos tourné à toutes les routes en construisant doucement et la veille et le rêve. Il n'y a plus de regard dur à avoir quand la pierre le fait pour toi. Je pense à mon frère. C'est Antoine. Et puis voilà. Il était venu voir Jo. Il avait fait le tour. Un autre. Une autre Amérique. Comment il aurait été s'il avait été là, avec nous et dans la route et sur le parapet de la Vallée de Tenaya? Comment on aurait été nous? a trois, dans un âge où on est enfin tous là. Il faut bien dire que l'on s'est raté, mais on était mal fait lui et moi. Ce n'est pas qu'une question de caractère, de cheveux blond ou de peau plus mate, il y a des différences d'âge dégueulasse. entre mon frère et moi, il y a 5 ans. 5 ans, c'est la distance exacte d'une main à l'autre quand les bras sont longs tendus et quand l'oeil en regarde une, elle ne regarde pas l'autre et lorsque tout va dans le bon sens, alors le sang même se sépare. Celui des jambes quand l'autre est déjà au coeur et celui du coeur quand l'autre monte une autre bière à la tête. Je suis entré à la grande école quand mon frère entrait à la petite et j'ai pris ma première cuite quand il est entré à la grande. J'étais déjà tellement ailleurs quand il a commencé son apprentissage à Lullier, moi au 10 bis et lui dans mon studio de la Rue St Joseph à Carouge. C'était tout bien fait pour se rater. Mon père et mon frère. Les deux. L'un en haut, l'autre en bas et l'inverse et l'un devant et l'autre vers derrière et l'inverse, deux profondeurs à plonger et toutes ces premières années où l'on ne se rend compte de rien.


On remonte dans la Ford, à l'extrême-droite du parking. Je commence à avoir un vrai creux. La voiture aussi. Antoine aurait pu prendre le volant et ma mère se serait reposée à l'arrière et nous, devant, on aurait pu chercher une station de radio et conduire les deux fenêtres ouvertes avant que maman ne nous demande d'en fermer une. Ou alors, on aurait anticipé et on aurait pris des discs comme quand il m'avait pris, un matin, à Berne où j'étais allé au bar de la Reithalle apporter une rose à Julie et qu'on avait dormi ensemble, en haut du lit superposé, habillés en amis. Je l'avais attendu en fumant une drum roulée et j'étais monté dans la camionnette Kodak pour redescendre en semble dans les petites routes de l'Oberland bernois en écoutant Bill Withers. En fait il faudrait un van, puis un bus pour un train pour chacun pouvoir transporter nos nôtres et c'est bien ce qui fait que l'on se résoud toujours, au final à voyager seul pour ne rien manquer, que rien ne manque, ni personne, puisque tout, de toute manière manque et que tout et rien, c'est du pareil au même. On y cherche loin dans l'autre des explications à mettre le ciel sous terre et à branler des huîtres et des farces de forces comme si tout était en-dessus, au-dessous ou par-devers nous, alors que les bras c'est tout ça et ces mains si lointaines des doigts tendus, ces mains des bras écartés, il suffirait, il aurait suffi d'en rapprocher les coudes, mais c'est tellement simple qu'on préfèrera tout oublier et monter dans le monde des tragédies pour rendre la réalité moins évidente et moins minable.


Barrières, murs, travées, arches, lignes longues simples et tirées de vie verte et d'épines, le ciel n'est plus qu'un ruban clair perpendiculaire au ruban plein de Snow Creek, puis Hoffman Creek et Porcupine et les rayons du soleil qui vont et viennent comme un essuie-glace d'ombres et d'éclats. On roule doucement sur l'asphalte de l'enceinte du temple. C'est bleu en haut avec rien dans le bleu et ce même bleu dans le ruban et quand il se met en drap c'est toujours le même bleu partout et j'ai beau forcer des yeux, je n'en trouve pas d'autres. Les falaises sont taillées comme si on y avait tranché dedans et des moignons comme de fruits gris ouverts et offerts et cicatrisés et, dans le loin, vers où on va, certains qu'on escalade. La Yosemite Creek coupe la Old Tioga Rd et les deux coupent la 120 vers Yosemite Campground Trailhead sous le pont avant le parking. On ne s'arrête plus. La grande boucle, tout le sang qui tourne de tous le corps du parc vers le coeur en bas. De boucle en boucle, sans nausée, la fin de matinée lente sous des ruban de ciel, un tonnerre vert et des trons au sol, on parle d'Antoine dans l'aine du parc, son tour du monde seul après la mort de papa, alors qu'il ne voyage jamais, son tour des frères, son tour seul des frères de papa. Comment on aurait été s'il avait été avec nous dans cette zone préservée où l'on peut voir l'ours ou des groupes isolés ou de simples solitaires, bien mis, bardés d'AS Adventures à se perdre des week-end le long des trails balisés dans un des grands Nulle Part de l'Amérique? Comment on  aurait été tous les trois dans la zone préservée de la Ford à boucler des boucles qu'on avait à peine entamée?

























































12.25.2015

Imagier- Lignes claires





























































Haïku d'images-79/ Love's Sleeping










































































Haïku d'images-78/ Gray Day






















































Haïku de route-99/ Limpid Boulder on Fairview Dome






















J'ai rien regardé. La carte semble droite. Des départ de Trail et des Creeks le long ou en coupe. C'est plus bas, vers Crane Flat qu'il faudra prendre la Big Oak Flat Rd sur sa gauche pour éviter de sortir vers Manteca ou Mather par Evergreen Rd. Je suis assis, calé dans un creux sur le lisse, à regarder les pics des arbres et loin, Ragged Peak, avec ma mère, assise en contre-bas sur la suite du lisse, dans une autre cale à elle, à regarder vers devant et entre nous, les rochers en stand-by d'errance, assis comme nous à regarder et respirer les 3000 mètres sur Fairview Dome. Nous sommes la salle éclaircie d'une scène pour rien. Ma mère porte son t-shirt noir et son pantalon en jeans délavé coupé au molet. On est haut et encore tôt dans le jour et dans l'année et j'aimerais bien me mettre torse nu et m'allonger un peu. Il y a comme des arrêts dans la vie où il faudrait une méduse et plus faire un pas de plus, une pause pour l'éternité en attendant qu'elle passe dans un trou noir et que tout recommence dans un trop plein de tête d'aiguille. Je ne sais pas encore si la dernière réincarnation c'est la goutte d'eau ou le rocher en fin d'errance, immobile, à flan, face à tout et rien. Ou alors peut-être que c'est le suc gastrique ou le virus de la grippe ou un quart de nucléon. Je me demande comment un arbre peut décider de vivre dans une fente de pente, mais je me demande aussi comment certaines personnes peuvent décider de vivre dans certains endroits. Peut-être que l'on s'arrêtera vingt fois encore avant de s'arrêter là où les bus de chinois s'arrête pour regarder ce qui est en gras sur la carte.


On a passé plus tôt l'entrée du col à 30$ sans circulation et le cabanon simple après la boucle d'Ellery Lake et la longé de Tioga Lake. On a reçu un joli plan à 3031 mètre, 9945 ft sans y croire un centimètre. Il semblait qu'on était déjà en train de descendre, le pic derrière nous à 3513 m, 11526 ft sans que je réalise ni là, ni au passage du col ni encore maintenant que je n'ai jamais été si haut. Le barrage où j'avais le vertige et mangeait parfois une glace et plus loin les meilleurs croûtes au fromage de ma vie n'est qu'à 1931m. Alors que j'avais toujours eu l'impression qu'il était tellement haut et le haut encore plus haut qui nous dominait autour et l'altitude des rochers que je gravissais dans les jeux seuls d'enfant, les après-midi dans la forêt qui semblait immense autour du chalet et tout l'immense qui se rétrécissait chaque année, comme si le monde rapetissait, mon monde que je touchais, grimpais, la mousse où je tenais longtemps tapis à mitrailler l'ennemi. Seul le haut du haut restait trop haut et fermait la vue et me protégeait de tout ce qu'il pouvait y avoir derrière les hauts. Je n'étais pas comme Carlo, je ne voulais monter là où il n'y avait plus d'air pour voir ce qu'il y avait derrière et s'il y avait quelque chose. Petit, les murs protègent et les montagnes sont les plus beaux murs et juste, parfois, dompter dans les après-midi seuls des immenses à mon échelle. 3513 m, 3031 m comme une blague qu'on traverse.


Les gorges d'eaux de Dog Lake, Cathedral Lake, les tronçons dans les veines de la Tuolomne River ou de Bud Creek, les traces de nerfs entre les Dômes et les Pics, Lambert, Pothole, Medlicott et Tresidder, Echo, Unicorn vers le sud et les sillons à hommes et toute la beauté lymphocyte qui nous nettoye et nous accepte le long du tronçon de la 120. Ma mère se redresse. Il est temps. On sera des roches une autre fois, on s'arrêtera pour de bon une autre fois. Toute la terre est un corps comme un autre, à foison et éreinté où nous sommes merveilles et parasites. Je me veille de ne pas glisser, ma mère a déjà rejoint la Ford, queqlues brindilles encore pour le sol du siège du mort déjà bien mélangé. "ça fait du bien", "et c'est vraiment beau", "mais je n'arrive toujours pas à croire qu'on est à 3000 mètres". On reprend Tioga vers Tenaya, lac d'outre-mer et on s'arrête 6 miles plus loin à Olmsted Point. La montagne s'y prend dans le fond comme une fente. On se parque sur une des 44 places, à l'extrême-droite même si pour Perceval droite et gauche ne veulent rien dire. Pas de bus, ni Chinois, ni meute grasse des week-end prolongés, deux voitures sans personnes autour et les terrasses de lisse vers la vallée de Tenaya. D'autres rochers encore en fin d'errance méditent, leurs atomes en surface giguant dans les molécules d'air. Des nids de sapins et des aventuriers isolés enracinés dans des masses blanches et pelées, le Half Dome doublement coupé et la route vierge derrière nous. Et oui, encore, peut-être, 19 fois, on s'arrêtera avant le vrai gras de la carte.









































12.21.2015

La poésie est un langage clair/ La rime en B



























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3mn47 d'une serveuse du Pulp























Un train pour demain c'est plus encore inspirer sur un tabouret face à la vitre face à la rue et expirer cette rue et le bus qui s'arrête et qui repart en se tenant le dos bien droit et dans la musique qui monte, le bruit de la porte qui s'ouvre et c'est inspirer quand elle se referme et les sachets en papier qui vérifient qu'ils ont bien tout pris et la poubelle qui s'ouvre et cette main qui tient la poubelle ouverte et cette main de l'autre qui met son gobelet, c'est inspirer dans le brouhaha derrière et la porte qui s'ouvrent, dans le courant d'air et les langues étrangère et les gens qui passent dans le beat et le silence de là rue et le bip des caisses, c'est expirer dans la porte qui se referme et les voix qui s'élèvent et les commentaires pour les salades et les rires et les sachets qui se remplissent aux caisses et la voix derrière qui revient et le bus qui s'arrête de l'autre côté de la rue pour repartir, c'est inspirer pour les talons qui font trois pas sur le sol en attendant les autres et la porte qui s'ouvre et se referme et les bras qui soupèsent les sachets en papier et les bouches seules qui mâchent et les bouches qui parlent , c'est expirer devant la vitre devant la rue et l'autre coté de la rue où un homme regarde un écran en attendant que le bus arrive et s'arrête et reparte et la poubelle qui s'ouvre et se rabat et se rabat plus doucement et s'arrête, c'est inspirer dans la musique qui s'arrête et la porte qui s'ouvre et un autre rythme qui commence dans la porte qui se referme et le bruit d'ici qui est le silence de la rue de l'autre côté d'elle  et derrière la vitre, son bruit qui est le feutre et les sachet de cellophane qui crissent et les passantsqui passent et leurs pas silencieux dans la rue derrière la vitre, c'est expirer en se tenant droit, des corps qui passent derrière et qui frôlent et qui ouvre la poubelle et la porte qui bat dans le bruit d'un plateau qu'on pause et les membres qui montent et descendent et les bouches pareilles et ce qui cause et les claviers c'est inspirer sur une quinte de toux et la porte qui s'ouvre et qui se referme et qui s'ouvre encore sur une excuse et qui se referme sur le silence de la rue et les sandwichs qu'une main prend et repose et reprend et hésite et repose et prend un autre et repose pour revenir aux salades dans le bruit du cellophane et de la poubelle qu'on ouvre et le sachet de sucre qui se déchire et qui rouvre la poubelle dont la porte bat et bat plus doucement, c'est expirer derrière la vitre devant laquelle les gens passent en regardant ou en ne regardant pas, en s'arrêtant et revenant ou en passant juste en passant et la porte qui s'ouvre et se referme et les cents pas qui attendent que le bip disent que le code a été accepté et le bip qui ne vient pas et la machine qui fait le café, c'est inspirer.



















Haïku de route-98/ A Sun for No One
















Tioga Rd, on bifurque un peu sur Yosemite Rd et on rembranche. J'ai longtemps rêvé l'épique fatigué d'un soleil pour personne, ne serait-ce le mien, la tombe de tous les présents, un col à gravir pour la vue seule, le regard endormi sur les arbres qui s'ouvraient le vide et la profondeur des vallées, la gerbe au ventre des lacets interminables des secondes. J'ai jonglé dans l'enfance à courir les vignes, tout seul entre les murets, halluciné de passé guerriers, héros vivant ou héros à mourir, fantôme de toutes mes hordes sauvages pour compenser ma peur de l'autre, de tous les autres, bêtes ou gamins, les mots de leurs gueules, et tous ces corps qui s'échinaient à devoir faire des choses ensembles. La nausée du présent m'a fait rater ma fin de siècle. Le réel était tapis dans les cuisses et les robes de ma mère, je m'aggripais de cris et de crise et de pleurs et de tout ce que ce monde n'était pas fait pour moi. Avec le temps, il a fallu se tasser et de tous ces autres en digérer quelqu'un et de tous ces cris, les ravaler de plus en plus loin dans les nerfs et fatiguer d'autres épiques, dans ce col à gravir, toujours identique, les yeux toujours fermés sur le vide et les vallées d'en bas et les pics d'en haut, la tête prise dans le soleil des sommets et le soleil des plaines, la tête dans les sources et dans la mer, tandis que le ventre s'habituant gentiment, doucement, péniblement aux lacets interminables.


On s'arrête à nouveau. La montagne prend ma mère. On sort de la Ford, je m'étire au soleil, je prendrai bien un café encore. La plaine m'apprend ce que veut dire "meadow", derrière la barrière de bois neuve, l'herbe gorgée et un long trou dans les arbres sur la droite et devant un bloc de plis lisses qui coulent vers la plaine comme une peau dans le froid et le soleil. Quelques arbres le prennent dans les flans et sur ses hauteurs et l'air n'a même pas besoin de mettre une veste. Des passants rôdent la nature sur un chemin balisé et la route à l'arrière est pauvre. L'air est trop pur pour ne pas fumer. J'allume une camel. J'aimerais aller me tremper les pieds dans les gouilles, marcher l'herbe et la faire venir dans le sang et crapahuter un peu dans la roche, chercher les fentes entre les plis et y mettre les doigts et soulever tout ça un peu jusqu'au vertige et pas plus loin. Et ça me donne faim tout ça. "Déjà" en traînant le "é" et en tombant le "a", "Mais..." et à chaque point la joue va avec la nuque sur la droite et sur la gauche et sur la droite et revient doucement s'arrêter pour regarder droit devant elle. Je souris. Elle aussi. J'écrase ma cigarette sur le sol et éparpille les restes de tabac. Je mets le mégot dans un sac plastique à l'arrière pour une poubelle plus tard. Et on renquille quelques miles.


Quelques miles et pas un de plus. Il y a derrière les sapins des galets géants posés en palier et une bande pour arrêter la voiture. Je laisse ma mère à l'arrière, je passe les aiguilles qui crissent sous mes pieds et je monte mon corps à 45°, penché parfois pour m'appuyer le long du lisse et à nouveau debout quand la roche fait la vieille peau. Ma mère a fermé la Ford et a pris son sac et son appareil photo. Je grimpe au plus haut, je passe des caillasses blanches et noires en balance, des rochers sentinelles en équilibre sur la pente qui ne glisseront pas s'écraser sur le dos de ma mère déjà un peu haut et assise en contre-bas à regarder le lac de sapin et les montagnes dans la neige, devant. Vers nous. Je monte pour monter, les semelles lisses pour embrasser ça et ma mère et les pierres en balance et tout ce calme qui fait un tout, un chaud dans l'air frais, du vert sous le blanc qui est sous le bleu, les choses lourdes qui tiennent d'elle-même et là-haut qui est pas si haut avec un à-pic et la course pour croire qu'on est une bête. "Tu te veilles, hein!" Oui, je me veille. Je redescends un peu, sur la gauche, là où ça part en terrasse et quand la route se tait, on se croirait dans le désert. Mais en montagne, on peut monter là où le souffle des hommes ne les suit pas et on y croit mourir, que c'est la mort, une autre mort mais la mort comme dans le désert, alors qu'il y a toujours un brin de neige ou une ligne de glace qui garde la vie pour un jour, peut-être un torrent.

























































12.17.2015

La poésie est un langage clair/ Atalante-Benfica




































Rien.
Ne rien se rappeler.
Rien.
Savoir,
et ne rien se rappeler.



Tu sais
quand tu te dis
et
que tu fais autre chose
et que le rythme alors
est
autre


Et que tu devrais être là
avec des mots
et
mettre des mots
et
mettre de la pensée
et de la pensée en mot et mise là
et que ça suffirait



et que tu fais autre chose
juste autre chose
une simple petite autre chose
et que
çà
fout
tout
en
l'air.












 Alors tu perds ton match contre Benfica
Et tu éteins la playstation
et tu tapes dans le ballons de frappes
et tu rallumes la playstation
et que tu ne mets pas de mots
et pas de pensées
et tu ne manges pas
et tu ne fais rien de ce que tu savais devoir faire








Alors que c'est si simple.













Tenir la ligne.








Juste












Tenir la ligne.





































L'île/ Ni féminin ni masculin ni neutre
























"Cette ville avait quelque chose de féminin,...." / "avec cette coupe si masculine, elle...."/ son string lui conférait une démarche toute féminine/masculine, ..."

Il y a encore un certain nombre d'écrivains, de cinéastes, de paroliers qui pensent que quelque chose est masculin et que quelque chose est féminin. Les plus courageux ou courageuse osent utiliser le terme "neutre".

Tous ces sexistes qui font les chiens ou les mièvres, qui rampent ou rauquent, râlent , tâtent ou crachent, caressent et clivent ont oublié de passer les ans, les siècles, les heures, la connaissance et cette descente dans l'autre, et ce creux fait en soi qui effacent et éclairent comme un back-up, cette distinction que l'on nous à former à être et que nous ne sommes tant pas.

 J'ai une chatte de mâle et tu as une queue tendue de girl. Et nous n'avons ni queue ni chatte et nous n'avons que ça. Et des secondes de ci et des secondes de ça.

Le mièvre et le miel sont aussi rances que l'abject, le bête et le bas.

Il n'est pas que nous sommes tout ou que nous ne sommes rien, que nous sommes un temps ci ou un temps ça, que nous sommes les gris des primaires. Il est que nous sommes individuellement autre chose. Et nous sommes une autre chose en changement permanent.


Aime-moi aujourd'hui, tu ne sais pas qui je serai demain.
Hais-moi là ce que tu m'aimeras demain.

L'amour ou l'amitié n'est que l'attention que nous avons à nous adapter au compromis que nous sommes et au compromis que l'autre susurre sans cesse.





























L'île/ Manifeste pour un manifeste
























C'est ainsi que nous laisserons aux rêveurs des idées, aux boiteux vaniteux, aux grands mots des petits fonds, aux tristes âmes des canapés, aux légions de l'ire virtuel, aux érectiles prosélytes,


la joie et la peine de sauver leurs mondes ou de se souder en milliards.




C'est ainsi que nous laissons aux petits dieux et avins des verts pâturages, le loisir de leurs commandements et des lois taillées dans le titane, nous montons des dogmes à violer pour poser, présent après présent, nos courages de continuer et oscillons dans la vie, les valeurs que les petits maîtres litanisent pour toutes les éternités qui n'adviendront jamais, alors que les nôtres se composent dans nos sociétés de cordes et de techno.



Nous ne voulons pas sauver le monde parce que ce monde n'est pas à sauver. Que ceux et celles qui l'aime tant, en s'y complaisant et en s'y plaignant en jouissent et s'y finissent. 


Nous ne voulons pas être une masse, juste un ensemble à survivre dans la joie.



Nous ne sommes pas l'éther des communautés que l'on quitte pour fonder une société. Nous voulons être l'unique qui se partage et non le tout auquel se soumettre. Aucun des -ismes n'englobe notre mouvement, justement parce qu'il est en mouvement.



Nous partons. Personne n'a besoin de nous.


























12.07.2015

L'île/ L'inertie

















Ce monde ne changera pas parce qu'il ne veut pas changer. Notre monde ne changera pas parce qu'il ne veut pas changer.

27% pour le FN, 27% pour LR, 24% pour les Socialistes, 6,6% pour les Verts, 4% pour le Front de Gauche.

Confiance ou croyance dans les partis politiques, nous ne prendrons ou ne perdrons pas de temps sur cette question.

Les partis proposant dans leurs programmes ou leurs théories, un changement de perspective, les verts de la COP 21 ou l'extrème-gauche de la couche ouvrière ou de la réserve des chômeurs n'ont pas réussi à être ou à faire mieux que faire-valoir démocratique des près de 80% des près de 50% de ceux et celles qui se sont déplacés pour aller voter.

Et ce, lors d'un premier tour dont le rôle n'est rien d'autre que d'offrir une voix à ceux qui n'atteindront (probablement) jamais le pouvoir.



Le gouvernement socialiste a commencé à faire du libéralisme social pour justifier, un temps, son élection. Le mariage pour tous ouvrait les portes de la conscience de gauche au pacte de responsabilité. Les joyeux cadeaux aux patronats, sans contrepartie exigée ou sans exigence de contrepartie liaient plus encore cette gauche de Blair (en fait cette gauche de Mitterand) à cette droite de droite et les mesures macronniennes qui tirant dans tous les sens oublient le sens de gauche en se perdant à droite, justifiait l'UMPS du FN ou d'autres.

L'Etat d'urgence, les mesures sécuritaires, les propositions de l'Intérieur s'amusent à promulguer ce que le FN pleure depuis des lustres alors que le sarkozysme, lui, n'avait pas attendu si longtemps pour louvoyer sur les terres brunes. Le tripartisme alors, se tamise, joue ensemble et se rejoint sans que cela ne semble gêner grand monde, en tout cas pas les près de 80% parmis les près de 50% qui se sont déplacés pour aller voter.


Le capitalisme est en train de rénover le fascisme. En fait, non. Rien n'est rénover. Tout est clair et semblable à une histoire où les méchants gagnent à la fin. Comme toute histoire.
Dans cette rénovation si on décide de garder le terme, la France est un laboratoire merveilleux où "Liberté", "Egalité" et "Fraternité" peuvent être scandé, sans honte par les trois grands partis qui luttent avidement contre ces mêmes trois principes. Et 80% des 50% de votants ne trouvent rien à y redire.


Il y a en France une infléxion et une inertie portée en masse vers l'ordre et... Rien d'autre que l'ordre, puisque la paix, c'est l'ordre, la famille c'est l'ordre, le travail, c'est l'ordre, l'autre c'est l'ordre et moi c'est l'ordre. Comme l'amour et les territoires perdus.
Et la direction prise par cette masse en inertie ne peut même plus être infléchie par une peu probable réaction de la bonne conscience naïve et paresseuse de la société virtuellement civile.


Mais l'horizon n'est pas que français. L'Europe semble en avoir fini de faire pénitence en morale et regoûte ses atavismes et même si les fascismes, proto-fascismes, néo-fascismes, nationalismes diffèrent d'un parti à l'autre, d'un pays à l'autre,

l'inertie est la même, le mouvement est le même, la direction est la même et la résistance, qui bientôt aura épuiser ses chats sur les réseaux sociaux et qui ne pourra, en fin de compte que se résoudre à la violence, a déjà perdu, tant les collabos heureux du progrès ultra-libéral sont, filandreusement unis et nombreux.



Dans cet entre-deux mondes où seuls six personnes ont le courage de voter contre la prolongation de l'Etat d'urgence, tout le reste ne rêve que de sang impur pour abreuver les sillons d'une campagne qu'ils ont dévastée et dont il ne restera bientôt plus que quelques fermes à mille vaches.





































12.05.2015

Haïku de route-97/ Liquid Ice on Tioga Lake


















Ma main joue des fréquences sur la tache verte que fait le Yosemite sur la carte. Je la déplie et la replie, évidemment mal, sur mes genoux pour la réduire au carré de la journée. Elle bombe un peu mais je vois tout bien. Est-ouest à plat sur les fréquences des lacets, pour l'instant c'est tout droit, un peu pelé, j'imagine les amplitudes. Tioga Pass, la route la plus directe de Bishop à Fresno, de Mammoth Lakes à Merced ou Stockton. Pour le nord, il y a quatre passages entre le Yosemite et le lac Tahoe, mais ce sont 200 miles sans portes vers le sud et Sherman Pass dans le compté de Tulare. C'est bien qu'il soit ouvert. Il y a des années jusqu'à fin mai, début juin. Peut-être que, dans le futur, il y aura des années de sable jusqu'à 3031 mètre. La pente est douce, elle veut traîner des pieds. On sent qu'on va laisser l'horizon. En face le gris se blanchit et le blanc se rapproche et enlève du bleu au ciel et lui met de la masse. J'ouvre un peu la fenêtre. L'air se dessale et désaltère. La montagne a le goût de l'eau. La température baisse un peu mais il y a tant de lumière. On ne roule pas vite. On va prendre dans les falaises. Et dans l'en-face c'est comme si on était en haut et qu'il y avait des pics plus bas et la neige qui s'approche raconte la même histoire que les panneaux. Ce qui est vrai doit bien l'être. Les courbes sont longues, encore, la montagne encore prend son temps à s'étendre et les troncs, sur la gauche de la route, se rapprochent.


Les arrêts sont des coeurs de route. Il y a des fleurs qui ne pousseront bientôt plus nulle part. Il y a les piquets rouges comme pour le chalet qui gardent la ligne d'asphalte pour l'hiver. Il y a la radio qu'on pourrait écouter ou je pourrais m'enfermer dans mon i-pad et tracer une bande-son, mais je n'en ai pas pour la montagne. Mes sons ont toujours eu des gens par-ci par-là, des gens presque là, des gens à deux doigts, mes rythmes ont tous des rues. Je ne sais pas s'il existe de la musique pour la montagne. Il y avait un groupe qui s'appelait Mountain mais il racontait des choses en béton, son son était avec du béton ou avec des gens dans tous les cas. Tous les sons de mes musiques sont avec du béton ou des gens ou des gens en béton. Le lac Ellery et les plaques de glace qui se détachent du lac Tioga, c'est comme une gramaire qui descend la rue, des règles qui sortent des livres pour vivre. L'été de la langue, c'est la rue, les routes, les bars, les virgules qui se placent où elles veulent, les relatives à l'instinct. L'académie, c'est l'hiver de la langue, ce qu'elle éteint ou ce qu'elle fige de la rue. La glace qui se détache et en-dessous l'eau qui n'a jamais cessé de bruire du lac Tioga, cette eau sur laquelle on ne peut plus marcher, c'est la musique de la langue, ma musique de la montagne qui gèle et dégèle, les mots à ma mère, ses mots à moi, les silences et cette nage dans la langue, dans notre langue à nous.


Les premières neiges contre nous, ma mère me dit qu'on peut s'arrêter quand je veux. Je lui demande, là, maintenant. Elle se rabat sur le côté. J'ai juste envie de mettre mes pieds dans la neiges, ses pieds qui ont pris le sable avant-hier. Je sors pieds nus. Elle est dure et craquante. Je maisse jusqu'à devenir gourd. Mes varices sont contentes. Le sang fouette et réveille comme dix cafés. Je demande à ma mre si elle veut venir aussi, un peu, mais elle préfère rester dans la voiture. Je suis heureux comme si je découvrais la neige. La mort me fatigue un peu. Là ça fait du bien de voir ce qui se réveille et ce qui fond et tout le vert autour et l'odeur de la neige, forte, qui prend tout l'air avec dedans les aiguilles des sapins et la sève qui revient. Je remets mes pieds, le gravier, un peu de terre et des brindilles sur le sable du sol de la Ford et on repart. La lumière, ce sont des javelots qui tombent sur le pare-brise. Je ne me rappelle plus quand j'ai cessé d'être malade en voiture. Il y a dû y avoir une année où l'on a passé le col sans s'arrêter et que je suis sorti devant le chalet, de l'odeur de tabac froid de la voiture à l'air de la Léchère, sans avoir la nausée. Je ne me rappelle plus quand j'ai obligé mes parents à arrêter de fumer dans la voiture, mon père surtout. La même année peut-être où j'avais écrit dans un carnet que je ne fumerai jamais. Comme quoi, les moyens de trahir l'enfant qu'on était sont infinis.
















































12.03.2015

Imagier/ Lee Vinning's Aurora's Saloon Bullet








































































La poésie est un langage clair/ Poème sans dieu(x)




























Il y a des mondes qui rugissent parce qu'ils sont sans dieux.
Là,
dans l'univers,
où la richesse à oublier d'être.
Et ça bruit.
Il y a un liquide dans le silence.
Les moissons de particules en instance
et
ce petit rien d'eau à transiter, couché dans les cailloux d'un espace à l'autre.




















































Haïku de route-96/ Le pays plissé






















Il reste du sable sur le sol de la voiture. J'enlève mes chaussures pour crisser mes plantes sur les restes de la mort. On s'embrigade sur la 120. On n'a rien pris à manger pour midi et on ne s'arrête pas au Whoa Nellie Deli, pas de Ready to go Slice ou de Chicken BBQ Pizza à emporter, ni de Grab and Go à 7$95. On ne profitera pas de la Dump Station à 10$ et de toute façon, ils ne vendent même pas de propane. Je jette un oeil au plein. On a bien assez pour les virages en slow motion pour profiter des arbres qui changent et les couleurs d'aujourd'hui qui refroidissent, derrière les yeux, les couleurs d'avant-hier. On entame ce que l'on croit être la vraie montée avec le mot "col" qui doit l'ouvrir et tout ce qu'il y avait avant c'était encore de l'air comme au ras de la mer. On passe un panneau avec une altitude à quatre chiffres et même si c'est en pieds, on fronce un peu et on rigole en se regardant. C'est surtout ma mère qui ahurit. Elle n'y croit pas. Et c'est nous qui devons avoir raison. C'est nous ou surtout c'est elle qui la connaît la montagne, elle y est née. C'est son air. C'est son vert dans les arbres, c'est sa pression dans le sang. Les panneaux délirent comme l'Amérique et mettent du grand dans du moyen et du tout dans du presque.


Sur la carte du monde, l'Amérique c'est un enfant qui se réveille et qui s'étire de tout son long et qui met de l'ouest au bout de ses doigts et de l'est, tout la bas, au bout des doigts de son autre main. Sur la carte du monde, l'Amérique c'est toute une longueur, l'Amérique c'est un horizon, une étendue toute lisse sous les doigts quand il glisse sur la carte et qu'ils prennent du temps à y glisser. Peu importe les montagnes et les chaînes de montagnes du cour de géographie, l'Amérique c'est un vaste plein d'horizontales, comme la Russie. C'est nous qui avons été plié et rendu minuscule qu'on ne nous voit même pas sur la carte du monde, rabattu et bisé par les forces qui courent en-dessous du monde, tellement contraint et contrit, si petit qu'on lève le bras bien haut et qu'on y pointe le doigt, qu'on le dresse jusqu'à l'ongle et qu'on tend au ciel autant pour se faire voir et exister un peu que pour se cacher. C'est seul dans la montagne que l'on voit le vaste vrai et que la suisse alors est immense et que sa solitude vaut bien celle des Américains. Alors les panneaux-là, ils peuvent bien venir dire et se suivre et s'augmenter dans les centaines et rajouter des chiffres dans la colonne des milliers, ma mère et moi, on rigole bien et on se regarde et j'ai beau faire et refaire les calculs que même si c'était vrai, on nous prendrait bien quand même, sacrément pour des cons.


A Martigny-Croix, on entame à 500 mètre la bisse d'asphalte qui tranche les terrasses où l'on a fait pousser des échalas. On s'était ou pas arrêter à Aigle. Au début Françoise montait encore au chalet et grand-maman Bobo y était souvent déjà alors on avait qu'à filer droit après les côteaux du Lavau, plonger dans l'entre-mont où le lac n'est plus qu'un filet et c'est la plaine et la traversée de Martigny qu'on n'avait pas encore appris à contourner, avant d'attaquer la pente où je vomissait aux premiers virages. C'était le bas-côté avec les voitures qui filaient le long et je gerbais cassé en deux sur les béton de la ville et les restes de Rome. C'est comme le petit pendant des années et la route pour la crèche de ma femme avec un sac pour les pull de rechangent. La route à l'arrière des voitures ça s'apprivoisent surtout quand l'oeil il bat un peu partout pour prendre de la vue et du monde et qu'on ne sait pas que la route, c'est comme la vie, tenir la tête droite et ne regarder que droit devant. Il faut bien le castrer tout le curieux des premières années, avant de recommencer et désapprendre et garder l'équilibre dans les oreilles pour que la route s'impressionne et se floue dans le proche et s'ouvre en beauté dans les loins qui défilent. Je me demande si ma mère passe les cols comme on passe en enfance.















































12.02.2015

La poésie est un langage clair/ La Rime en A




























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